Le rapport sur l'utilisation de l'argent du PetroCaribe sera-t-il voté mardi?

Parce que les sénateurs ne sont pas encore imprégnés du rapport sur l'utilisation de l'argent du PetroCaribe, il se pourra qu'il n'y ait pas de vote mardi lors de la «séance spéciale» mais ils espèrent tout de même esquisser les débats.

Publié le 2017-11-13 | Le Nouvelliste

National -

Les recommandations sont connues. Le rapport distribué aux élus. Il n'en fallait pas plus pour que les langues se délient déjà au Bicentenaire autour de l'utilisation et/ou du gaspillage de l'argent du PetroCaribe. Youri Latortue, en annonçant depuis deux semaines la «séance spéciale », a voulu inciter à aller vite, provoquer les débats dans l'assemblée et, le cas échéant, aboutir à un vote. Il n'a pas anticipé que les sénateurs pourraient ne pas encore être en mesure d'y prendre part. «On parle d'un rapport de plus de six cents pages et six cents pages c'est beaucoup. Et ce n'est qu'hier que je l'ai reçu», a balancé Joseph Lambert, comme pour se positionner sans forcer pour un report de la séance.

Le sénateur du Sud-Est, allié de PHTK, vieux champion de la politique, refuse de dire où il penchera lors des débats. Mais il convient tout de même que le rapport, que les proches de Jovenel Moïse exècrent déjà, n'est pas à jeter à la poubelle, comme le souhaitent déjà les individus qui ont eu la patte trempée dans la gestion de l'argent vénézuélien. «Après avoir parcouru le document en vitesse, je peux dire que c'est un bon travail qui a été effectué dans l'ensemble», a soutenu Joseph Lambert , soulignant au passage que le travail n'est pas parfait. Il est, a enchaîné Joseph Lambert, impératif que nous analysions le rapport, que nous le pénétrions.

« Quand vous venez dans l'assemblée, vous ne pouvez pas y venir pour défendre l'indéfendable. Tout comme vous ne pouvez pas y venir pour acculer des gens à tort ou à raison», a avancé, lundi après-midi, Joseph Lambert, rappelant au passage qu'il allait proposer à la conférence des présidents de reporter la séance que redoutent ceux épinglés dans le rapport. Il faut dire que le grand Corps est livré au régime Tèt Kale – lequel régime, via d'anciens hauts fonctionnaires, a des comptes à rendre sur l'argent du PetroCaribe, selon les recommandations du rapport de la Commission de suivi et d'approfondissement de l'enquête. C'est dire donc combien le probabilité que le rapport finisse dans les tiroirs est élevée.

Le sénateur Willot Joseph, lui, croit que la justice doit agir parce que l'argent, qu'Haïti est en train de rembourser dans le nouveau budget, a été gaspillé. «Il faut tracer un exemple ici. Quand quelqu'un vole l'argent du peuple, il faut l'arrêter et le lui faire restituer». Le sénateur Jean Marie Salomon, vice-président du Sénat, parle, lui, d'un «procès historique pour juger les dilapidateurs de fonds publics». Il faut suivre l'exemple du Brésil, a-t-il dit, avec moult détails. Un autre parlementaire, en off, chasse toute équivoque: «Il n'y aura pas de vote demain sur le document parce que tous les sénateurs reconnaissent unanimement ne l'avoir pas encore imprégné. »

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