Le haut état-major provisoire des FAD’H sera connu très bientôt, selon le ministre de la Défense

Publié le 2017-11-13 | Le Nouvelliste

National -

La nouvelle force armée haïtienne ne changera pas de nom. Elle conserve son légendaire sigle FAD’H. Forces armées d’Haïti. Le ministre de la Défense, Hervé Denis, droit dans ses bottes, l’a fait savoir ce lundi, au cours d’une conférence de presse au ministère de la Communication. L’ancien ambassadeur a expliqué que ce choix du gouvernement était une marque de respect à la Constitution. « Le premier devoir d’un gouvernement démocratique c’est de respecter la Constitution. Nous n’avons pas créé les Forces armées d’Haïti. Cette institution a existé bien avant ce gouvernement. La Constitution a été amendée alors que ce nom est maintenu. L’armée conserve ce nom par respect pour la Constitution haïtienne », a-t-il expliqué.

Questionné sur le passé douloureux que rappelle ce sigle, Hervé Denis fait remarquer qu’il y a des débordements dans toutes les institutions. Il cite des sondages selon lesquels jusqu’à 90% de la population se montre favorable au retour de l’armée. « Ce qui est important c’est l’orientation que l’on donnera à cette nouvelle armée. Il y a eu de bonnes et de mauvaises choses dans le passé. Nous devons regarder l’avenir plutôt que de nous retourner dans le passé. Le passé doit seulement nous servir de référence pour ne pas commettre les mêmes erreurs », philosophe-t-il.

Hervé Denis, entouré de plusieurs membres du Corps de génie militaire et en prélude à la célébration le 18 novembre prochain de la bataille de Vertières, a annoncé la création très proche d’un haut état-major provisoire. « Après des critères bien définis, nous avons présenté une liste au chef de l’État. Ces personnes ont subi un vetting, ils n’ont pas d’appartenance politique, ils n’ont pas été condamnées. Maintenant c’est au plus haut niveau de décider. Cette semaine ne passera pas sans que le public connaisse les membres du haut état-major provisoire. C’est juste une question d’annonce publique et de la publication de l’arrêté présidentiel », précise-t-il.

La Constitution du haut-état-major provisoire permettra, selon le ministre, d’avancer avec le processus de recrutement entamé il y a quelques mois. « Tout ce qui a été fait est déjà là. Nous avons déjà réalisé la phase de test physique. Très bientôt nous allons procéder au test intellectuel. Très bientôt nous aurons un état-major provisoire. A ce stade nous allons pouvoir continuer le processus de recrutement », a-t-il fait savoir, ajoutant que l’effectif fixé est de 5 000 membres « qui ne seront pas recrutés du jour au lendemain ». « Dans un premier contingent nous comptons avoir 500 hommes et femmes », poursuit-il. Pour l’heure, l’armée d’Haïti compte deux corps à l’état embryonnaire : le Corps du génie (150 membres) et le Corps médical. « Nous souhaitons à l’avenir avoir un corps de techniciens agricoles pour accompagner la population », espère-t-il. Denis a profité pour faire un bilan des activités du Corps du génie militaire dans plusieurs régions du territoire. Il s’agit notamment de plusieurs kilomètres de routes percées, notamment dans l’Artibonite et dans le Nord et des interventions lors de l’ouragan Matthew.

Une fois de plus, le ministre de la Défense a souligné que cette armée serait professionnelle et bien entraînée. « Elle sera capable de défendre le pays sous tous les aspects. Sa mission sera d’assurer la défense du territoire, en ce qui concerne l’intégrité des frontières terrestre, maritime et aérienne. Elle devra également participer dans la prospérité du pays. Ce sera une force de réaction rapide capable d’intervenir dans le cas où la PNH est incapable de réagir, sur demande de l’exécutif », détaille-t-il. Parce qu’il existe des accords qui lient Haïti avec d’autres pays, le ministre souligne que l’armée haïtienne pourrait apporter sa solidarité envers des pays touchés par des catastrophes naturelles.

Le ministre a expliqué plus loin que l’armée aurait à défendre le territoire, non contre des pays ennemis mais contre la contrebande, les catastrophes naturelles, le vol des ressources maritimes, etc. « En plus des missions traditionnelles d’une armée, cette nouvelle force aura à s’occuper de ces problèmes », fait-il savoir.

Réagir à cet article