Le SYGH maintient la grève sur fonds de discorde

Le maintien de la grève lancée par le Syndicat des greffiers haïtien (SYGH) n’a pas été respecté ,ce lundi, au tribunal de première instance de Port-au-Prince. Des greffiers regroupés au sein de l’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH), s’ils partagent les revendications, n’approuvent pas la décision de poursuivre la grève.

Publié le 2017-11-13 | Le Nouvelliste

National -

Le SYGH fait cavalier seul. Le mouvement de grève lancé depuis le 3 juillet et qui se poursuit jusqu’au vendredi 17 novembre 2017 est observé sur fond de discorde. Ce lundi, nouveau volte-face: au tribunal de première instance de Port-au-Prince, des greffiers se regroupant au sein de l’ANAGH ont décidé de prendre siège, malgré la notification du président du syndicat Yves André Joseph pour maintenir la grève. Ce qui a permis au tribunal d’entendre une affaire civile, présidée par le juge Annie Fignolé, à la deuxième chambre et une dizaine de cas pénaux au tribunal correctionnel.

« Des greffiers de l’ANAGH sont prêts à siéger. On va travailler avec eux. On va mettre les bouchées doubles pour évacuer pendant cette période quelques affaires civiles et criminelles», a indiqué le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard St-Vil, estimant que le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Heidi Fortuné, doit assumer sa responsabilité pour un dégel de cette crise qui dure depuis trop longtemps.

« Inévitablement, on doit faire le nécessaire pour organiser les assises criminelles siégeant avec ou sans assistance de jury d’ici le mois de décembre», a-t-il fait savoir, déplorant le fait qu’il n’y a pas eu d’assises criminelles avec assistance de jury l’année judiciaire précédente en raison de la grève récurrente des greffiers et des magistrats.

Pour sa part, le responsable de la communication du Syndicat des greffiers haïtiens, Gregory Avril, a fustigé le comportement des membres de l’ANAGH, qui, selon lui, veulent boycotter le mouvement. « Tout sa ki aksepte travay yo, gen lèt nominasyon nan men yo pou lòt pòs », a tempêté M. Avril. Le responsable de communication du SYGH, qui continue de dénoncer les transferts opérés dans certaines juridictions, croit qu’il y a un manque de volonté de la part des autorités pour résoudre le problème.

Lors de la réouverture des travaux judiciaires, le gouvernement a consenti à accorder aux greffiers une augmentation de 5000 gourdes, une carte d’assurance et une carte de débit; ce que le syndicat avait jugé insuffisant. Cependant, le greffier à la cour d’appel, Gregory Avril, a affirmé que le gouvernement n’a pas respecté ses promesses. « Rien n’est fait. Quand on se rend à l’Ofatma concernant l’assurance, les responsables nous disent qu’ils ne sont pas au courant», a-t-il fulminé. Toutefois, le syndicat des greffiers se dit prêt à discuter pour résoudre le problème.

En revanche, le mouvement de grève semble dicté par une main politique visant à renverser le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Heidi Fortuné, de l’avis de certains avocats qui ont exprimé leur ras-le- bol vis-à-vis de cette situation.

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