Une plateforme technologique pour mieux gérer les catastrophes naturelles en Haïti

Quelque treize mois après le passage de l’ouragan Matthew dans le grand Sud, un premier atlas des risques naturels et une plateforme de données ouverte Haitidata.org ont été présentés vendredi par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, le Comité interministériel d'aménagement du territoire et la Banque mondiale. Cette nouvelle plateforme technologique vise à permettre une meilleure gestion des catastrophes naturelles en Haïti.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Economie -

À la suite de l’ouragan Matthew, les impacts socio-économiques ont été estimés à environ 32% du Produit intérieur brut avec plus de 600 morts et deux millions de personnes affectées. Les conséquences pour le budget du gouvernement sont directes. Une étude conduite par le ministère de l’Économie et des Finances avec le support de la Banque mondiale estime que les pertes et dommages associés aux évènements hydrométéorologiques en Haïti entre 1971 et 2014 ont été de 150 millions de dollars américains en moyenne par an, soit 1,7% du PIB.

Ces données et cartes géospatiales sont disponibles en Haïti pour la première fois, pour tous les citoyens haïtiens pour permettre une meilleure analyse des menaces naturelles et une meilleure allocation et utilisation des ressources publiques dans les situations postdésastres. « Haitidata.org est une plateforme de données ouverte qui permet de centraliser et de partager l’information afin d’offrir au grand public un outil pour la création, la visualisation et l’accès direct aux données géospatiales, favorisant ainsi le partage de la connaissance du risque et la sensibilisation des populations », a déclaré Boby Emmanuel Piard, directeur général du Centre national de l'information géospatiale (CNIGS).

S’exprimant au nom du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Max Rudolph Saint-Albin, le directeur général du MICT, Fednel Monchéry, de son côté, a confié qu’Haïti a connu par le passé des catastrophes majeures : séismes, inondations. «Fort des leçons apprises, le gouvernement entend augmenter ses capacités opérationnelles afin d’être plus efficace et proactif en matière de gestion des risques et désastres. Dans ce contexte, ces nouveaux outils sont essentiels et permettront de développer des instruments d’évaluation et de quantification du risque afin de pouvoir faire des choix lucides, pour mieux protéger notre population », a-t-il indiqué.

Depuis 2007, les projets de reconstruction et de gestion des risques et des désastres financés par la Banque mondiale ont permis le renforcement de la capacité en gestion des risques de plus de 3 500 volontaires des comités communaux de Protection civile dans les 140 municipalités, ainsi que des cadres de plusieurs ministères sectoriels. La résilience climatique du réseau routier a également été renforcée.

Pour sa part, Anabela Abreu, directrice pays pour la Banque mondiale, a précisé que le gouvernement haïtien a fait d’importants progrès dans le renforcement de la gestion des risques et désastres, et le ministère de l’Intérieur peut compter sur l’engagement continu de la Banque mondiale dans cet effort. Elle a toutefois souligné que, récemment, les ouragans Irma et Maria ont mis en évidence l’importance d’accéder à ces données afin de pouvoir mieux préparer et sensibiliser la population haïtienne.

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