Pinas Alcera se lance officiellement en musique

Le metteur en scène Pinas Alcera entend maintenant poser son empreinte dans l’univers musical haïtien. Le jeune homme qui a déjà travaillé avec des comédiens tels que Christina Guérin et Kako, a récemment sorti une chanson intitulée « Tanbou Banbou » sur laquelle on retrouve James Germain. Ce morceau dont le clip est déjà en rotation sur plusieurs chaînes de télévision annonce le premier album de l’artiste.

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

Amoureux des arts, Pinas Alcera, 31 ans, a déjà fait ses preuves comme comédien, metteur en scène ou encore directeur artistique. Son intérêt pour les arts et ses différents chapeaux le poussent à se définir avant tout comme un artiste. Alors qu’il travaille depuis plusieurs années déjà sur différents projets artistiques, le jeune homme s’est finalement dit qu’il était temps pour lui de se tourner vers l’une de ses premières passions : la musique. De là prend naissance ce projet d’album qui est actuellement en phase de réalisation.

Sur le tapis depuis un moment déjà, cet album verra le jour avant tout grâce à la « Fondation Konesans ak Libète » (Fokal), car Pinas a pu bénéficier d’un des appels à candidatures de la Fokal pour financer son projet. Le disque sera composé de morceaux solos et de collaborations avec des artistes comme James Germain ou encore Tamara Suffren.

Mélomane, Pinas a décidé d'agrémenter son album de rythmes afro, reggae, roots ou encore de ska. Il a soutenu que son projet s'inscrit dans la différence. Sur cet album, il entend aborder, sous un jour nouveau, divers sujets : « Nous allons essayer de traiter certains sujets de manière plus soutenue et plus poétique. Pas au premier degré comme c’est souvent le cas chez nous. Puis, on va les traiter de manière générale, de façon à ce que n’importe quel humain puisse s’y identifier », promet Pinas.

Si le projet se veut différent, l’artiste soutient qu’il n’a pas la prétention de dire qu’il sera meilleur que ce qui est habituellement produit sur le marché. « Je ne dis pas que l’album sera meilleur, je dis qu’il sera différent. Avant, je n'étais peut-être pas encore prêt à assumer ce que je voulais faire comme musique; c'est pour cela que je ne m’étais pas encore lancé. Maintenant j’assume vraiment ce que je veux produire et ce que je veux écrire comme texte de musique en Haïti », explique-t-il.

Il est toutefois conscient que cette différence qu’il assume peut être un risque. Mais il poursuit et croit qu’il faut assumer sa différence et sortir du lot : « Comme le dit Jean Price Mars, il y a une sorte de bovarysme collectif, ici. Tout le monde veut ressembler à autre chose que ce qu’il est [...] On est tombés dans un carcan de reproduction où la différence est bannie […] Pendant qu’on cherche à s’identifier à autrui, pourquoi ne pas travailler les éléments de notre culture et les proposer à l'échelle internationale, comme l’ont fait les Africains avec l’afro beat? ». Selon lui, le but d’un artiste est de créer et de prendre le risque d’exposer son œuvre : « Je prends le risque », lance l’artiste.

Parlant de ses modèles haïtiens en musique, Pinas précise qu’il en a plusieurs : « Il y a un ensemble d’artistes et de groupes qui constituent des modèles pour moi. Zeklè, Eddy François, Bélo, Boukman Eksperyans ou encore Christopher Laroche. »

En production dans les studios de Bloom S.A, l’album dont les textes seront essentiellement écrits en créole et en français par le jeune artiste, est prévu pour l'année 2018. Il annonce déjà son tout premier concert pour le mois de mars 2018, à la Fokal. Mais avant, Pinas Alcera compte sortir un EP. Celui-ci sera constitué de 5 ou 6 morceaux, parmi lesquels Tanbou Banbou.

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