Haïti/Sécurité alimentaire

Pour l’harmonisation des actions publiques dans le domaine de la sécurité alimentaire

Les récentes études révèlent que plus de sept millions d’Haïtiens sont en situation d’insécurité alimentaire chronique. Cette situation prévaut dans tous les départements géographiques du pays. Les autorités promettent d’entreprendre des actions visant à pallier le problème de la faim et de la malnutrition sur l’ensemble du territoire. Pour y arriver, les autorités du ministère de l’Agriculture promettent d’harmoniser les différentes interventions publiques, la condition sine qua non, soutiennent-ils, pour obtenir les résultats escomptés.

Publié le 2017-11-09 | Le Nouvelliste

Economie -

Les différents forums et ateliers autour de la thématique sécurité alimentaire et nutritionnelle montrent qu’il y a une multiplicité d’acteurs qui interviennent dans ce secteur. Plusieurs partenaires financiers du pays mobilisent des sommes importantes dans des programmes visant l’atteinte du deuxième objectif des 17 ODD qui est d’éliminer la faim, d’assurer la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de promouvoir l’agriculture durable à l’horizon de 2030. En témoignent les appuis financiers promis par l’Union européenne dans le cadre des fonds européens pour le Développement (11e FED) au cours des cinq prochaines années et l’apport de la FAO dans le Cadre Programme Pays 2017-2020 (CPP) récemment signé entre le ministre haïtien de l’Agriculture et le représentant de la FAO en Haïti.

Il arrive que, de 2015 à nos jours, il n’y a pas de grands progrès dans ce domaine. Les résultats de l’évaluation de la sécurité alimentaire d’urgence Post-Matthew (EFSA-mai 2017) montrent que 39% de la population était en situation d’insécurité alimentaire et que 2.9 millions Haïtiens étaient vulnérables à l’insécurité alimentaire. Le président du Conseil interministériel de la SAN, Carmel André Béliard, annonce plusieurs activités notamment dans le secteur agricole afin de remédier à cette situation. Il se dit déterminé à appuyer les actions visant le renforcement de la gouvernance de la SAN dans le cadre des efforts du gouvernement pour renforcer la structure de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA).

Les différents acteurs impliqués croient qu’il est indispensable d’avoir un calendrier commun et de poursuivre des actions ciblant des objectifs communs. Le ministre de l’Agriculture insiste pour que les actions à entreprendre dans le secteur prennent en compte l’ensemble des sous-secteurs concernés par la problématique. Dans le Cadre Programme Pays qu’il a signé au début de la semaine, il est prévu de renforcer les capacités institutionnelles sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Ainsi, les interventions porteront spécifiquement sur la SAN et les institutions responsables. Les signataires ne doutent nullement que le pays a besoin d'institutions capables de mener une coordination efficace dans ce domaine avec des systèmes de collecte de données et d’informations fonctionnelles et intégrées. La coordination, soutiennent-ils, se base sur des politiques agricoles adaptées au contexte national.

Ainsi, l’augmentation de l’offre alimentaire demeure une nécessité. À ce niveau, le problème d’harmonisation persiste. Mais il faut toutefois rappeler que le ministère de l’Agriculture avait déjà élaboré une politique de développement agricole pour la période 2010-2015 dans laquelle les grandes orientations, dont l’amélioration solide de la sécurité alimentaire de la population, avaient été fixées. Selon les autorités du ministère de l’Agriculture, dans le souci de canaliser l’ensemble des interventions vers la souveraineté et la sécurité alimentaire, l’emphase a été mise également sur la pêche et l’élevage. L’objectif est de diversifier le plus possible le revenu des plus vulnérables et de favoriser la disponibilité des aliments et l’accès de la population à des aliments de qualité.

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