UniQ : Le patrimoine au cœur des débats

Le 26 octobre 2017, le patrimoine était encore une fois au centre des débats à l’Université Quisqueya, qui abritait une conférence ayant pour thème « Patrimoine et 21e siècle : interroger le passé pour construire une mémoire ». L’occasion donc pour nos différents panélistes d’aborder divers aspects de la question de sauvegarde du patrimoine haïtien.

Publié le 2017-11-08 | Le Nouvelliste

Culture -

Le patrimoine, ce sujet qui depuis un moment anime les echanges un peu partout dans la capitale, etait encore a l'ordre du jour dans les locaux de l'Universite Quisqueya, dans le cadre de le patrimoine en question. Comment sauvegarder le patrimoine?

Un panel modéré par Mme Darline Alexis et composé du directeur général de l’Ecole supérieure d’Infotronique d’Haïti, M. Patrick Attie, du docteur en Sciences politiques Sébastien Nicolas, de la directrice exécutive du Centre d’art, Mme Louise Perrichon, de M. Rodrigue Louis Thomas, professeur à UniQ et membre de la fondation Imaginescence, et du coordinateur du programme patrimoine et tourisme de la Faculté des sciences économiques et administratives de l’UniQ, M. Woody Jean-Jacques, posait sous divers angles, vendredi dernier,. le problème de la sauvegarde du patrimoine haïtien.

M. Attie est le premier à se lancer. Ses propos sont axés sur « La réalité virtuelle au service du patrimoine haïtien ». Il nous fait voir qu’avec les avancées de la technologie, il est de loin plus facile et moins coûteux d’utiliser la réalité virtuelle pour mieux vendre au monde le patrimoine haïtien. Le directeur général de l’ESIH, avec des exemples concret, a porté à notre attention toutes les retombées positives, principalement économiques, qu’une telle décision pourrait avoir pour notre pays.

Selon M. Patrick Attie, soit en utilisant la réalité virtuelle augmentée, qui représentera en 2018 un marché de $660 millions, ou la réalité virtuelle immersive, $407 millions d’ici 2018, à l’aide d’équipes multidisciplinaires – graphistes, programmeurs, historiens, entre autres – on peut reconstruire le patrimoine haïtien disparu et le rendre accessible sans contrainte d’espace ou de temps. Et du même coup rendre bien précieux plus rentable. Donc plus d’excuses pour négliger le patrimoine haïtien.

L’exposé du Dr Nicolas, quant à lui, portait sur la « Négation du patrimoine haïtien et construction de l’idéologie raciale. Il visait, entre autres, à rendre justice au patrimoine haïtien dans l’histoire moderne. A la lumière de Michel Rolph Trouillot, le docteur a montré comment les puissances coloniales ont mis sous silence le patrimoine haïtien. Il a aussi, en citant le professeur Laennec Hurbon, exposé à l’entendement de tous l’invention du barbare haïtien par ces mêmes puissances, à travers leur façon de vendre sur le vieux continent les événements de la révolution de Saint Domingue.

Selon le docteur en Sciences Po, après l’implantation du racisme, on a eu droit, surtout au 19e siècle, au racisme scientifique, qui a servi à faire d’Haïti un symbole de l’antimodernité. Il a cité au passage certains tenants de ce racisme comme Joseph Arthur de Gobineau. Pour conclure, il mentionné beaucoup de mouvements noirs à travers le monde inspirés par la révolution haïtienne. Les écrits d’Aimé Césaire par exemple. Ceci, en vue d’une revalorisation du patrimoine haïtien.

Après, il revenait à Mme Perrichon du Centre d’art de nous parler de la double mission de ce centre, à savoir sauvegarder et produire du patrimoine. Elle est remontée à la formation dudit centre par Dewitt Peters, la création en 1972 du Musée d’art haïtien du Collège Saint-Pierre, fermé depuis 2010. La directrice exécutive du Centre d’art souligné la réorientation depuis 2010 de ce lieu mythique de l’art haïtien.

Au départ, C’était un espace de formation, de soutien à la création et de diffusion des œuvres d’art haïtiennes. Malgré ses maigres ressources, selon Mmme Perrichon, le centre est désormais un lieu de formation, de production et de sauvegarde du patrimoine culturel haïtien. Pour valoriser les quelque 5000 œuvres, sans les archives que le centre a dans ses greniers, des expositions sont organisées, deux depuis la réouverture du l’établissement, et des pièces sont prêtées à des musées étrangers.

M. Rodrigue Louis Thomas et M. Woody Jean-Jacques ont tour à tour entretenu l’assistance du Programme Patrimoine et Tourisme de la Faculté des sciences économiques et administratives de l’UniQ. Il a été question des expositions « Jwe pou n sonje », réalisée dans le but de pallier les jeux traditionnels haïtiens, et « Dans les pas de Tiga », orchestrée en vue de proteger les œuvres du grand créateur polyvalent que fut Jean-Claude Garoute. On a pu découvrir que ce projet et né d’un partenariat tripatite entre la fondation imaginescence, le Collège Mont-Morancy du Canada et l’UniQ et qu’il a déjà reçu et formé deux groupes de jeunes issus de différents domaines se rattachant à l’art.

Après les différentes interventions, deux des jeunes ayant participé à ces formations, Ernst Jeudi et Peguy C. Pierre, ont partagé avec le public l’expérience vécue dans le groupe. Ce projet, une initiative des plus louables qu’on ne peut qu’encourager.

A l’UniQ, le patrimoine haitien était à l’honneur le jeudi 26, sous plusieurs aspects, tous complémentaires. Pour une conference des plus reussies.

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