« La plaie, monologue d’interdits» sur la scène de la FOKAL

Publié le 2017-11-10 | Le Nouvelliste

Culture -

« La plaie, monologue d’interdits » est une pièce écrite et mise en scène par James Saint- Félix et interprétée par Kétia Vaïnadine Alphonse, le mercredi 25 octobre 2017, à la Fondation connaissance et liberté (FOKAL). Sur la scène, la comédienne a délivré une parole portant sur la condition des femmes dans la société, objets de tous les piétinements des hommes : viol, maltraitance, abus de confiance, etc.

Dans la salle polyvalente de la Fondation connaissance et liberté (FOKAL), la comédienne Kétia Vaïnadine Alphonse a donné la parole à quatre personnes : une mère, une enfant, une jeune fille et une femme miraculeuse. Ces femmes, dans la mise en scène, représentent presque la totalité des femmes victimes de la méchanceté des hommes. C’est leur voix coupée en divers morceaux et leur corps en lambeaux que la comédienne interprète dans une douleur indéchiffrable. Munie de vêtements, accrochés ça et là au mur, d’une cabine, d’une chaise, la scène était tantôt sombre, tantôt éclairée.

Dans la pièce, il ne s’agit pas d’une véritable narration. La comédienne a lancé comme ça des bribes d’histoire liées aux femmes, avec leur vérité cruelle et leur appréhension dans la société. Ça parle de la petite fille violée par des adultes avides de sexe et insouciants de leurs actes sur sa vie à la fois biologique et psychique. Cette petite fille qu'on force à explorer la sexualité avec un corps innocent. Réduite au silence, elle ne saura dire aux hommes leurs quatre vérités. Ça parle de cette mère qui voit ses enfants devenir, sous ses yeux, de véritables objets nauséabonds. C’est aussi l’histoire de cette femme miraculeuse qui, après toutes les cruautés des hommes, décide de combattre et de ne plus se laisser entraîner dans les bas-fonds immondes.

L’abus de confiance, le viol, la maltraitance, le silence, sont parmi les thèmes exploités dans la pièce. Les violeurs de petites filles, raconte la narratrice, sont souvent des proches des familles de leurs victimes. Et ces petites filles, voyant la confiance que leurs parents mettent en ces gens-là, sont obligées de ne rien dire du tout. Elles supportent tout, avec une rage de dire et de vengeance dans chacun de leurs regards et leurs gestes.

« Ne me demandez pas de vous raconter mon histoire, je n’en ai pas », a lancé maintes fois l’une des femmes représentées par la comédienne. Les bribes de textes parviennent aux spectateurs par bourrasques: « J’ai voulu briser le silence. J’ai du mal à savourer les caprices du temps. Je voulais éviter les regards, les paroles apaisantes des autres. J’ai ressenti les blessures que l’autre a percées pendant quatre ans. » Sur la scène, on pouvait ressentir la crédibilité de la comédienne à faire surgir la douleur et à créer l’empathie du public.

« La plaie, monologue d’interdits » de James Saint- Félix est une pièce qui met à nu certaines situations désastreuses dans lesquelles les femmes sont enlisées et, devant elles, la société érige un mur pour ne pas entendre leurs cris, mais aussi pour les réduire au silence le plus complet.

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