Eviter le choix de la facilité

Publié le 2017-10-23 | Le Nouvelliste

Editorial -

Sur Radio Magik9, dimanche, à l’occasion de l’Artisanat en fête, le président Jovenel Moïse a fourni certaines informations sur sa Caravane du changement critiquée à tort et à raison. Il s’agit pour le chef de l’État d’une stratégie pour asphalter nos routes, curer nos rivières, électrifier ou éclairer des villages 24 heures 24. Un président qui est sur le point de construire des infrastructures qui nous font défaut depuis l’indépendance, qui dit mieux ? En écoutant le président Moïse, on peut penser avoir été mal informé par ceux qui vivent dans les départements où opère la caravane et qui se plaignent de ne pas voir les résultats. Les détracteurs doivent peut-être patienter pour voir la conception de la caravane qui est dans la tête du chef de l’État se matérialiser.

Un président qui construit des infrastructures de base, c'est de bonne guerre, mais ce n’est pas suffisant. Le feu président René Préval avait fait de la construction des infrastructures routières son cheval de bataille. Avant lui, Jean-Bertrand Aristide avait construit certaines infrastructures. Les Duvalier en construisaient aussi. Personne ne peut contester que chaque route, chaque pont, chaque nouvel hôpital, chaque centrale électrique…peut contribuer à améliorer les conditions de vie de toute une population. Il faut ajouter dépendamment de l’utilisation qui en est faite.

Dans notre pays où tout est urgent, la volonté du président Moïse de doter le pays d’infrastructures de base doit être saluée. Cela n’empêche pas de lui rappeler que la construction des institutions est aussi importante que les infrastructures. Ce sont les institutions qui vont garantir que les infrastructures soient réellement au service de la population. Sinon, on peut avoir des écoles qui ne forment pas des citoyens pour l’avenir, des hôpitaux qui ne soignent pas les malades, des routes qui font augmenter les accidents, des centrales électriques qui vendent le black-out, des villages inhabités…

Pendant ses deux mandats, le feu René Préval avait créé le Centre national des équipements (CNE). D’importants fonds ont été injectés dans l’achat d’équipements lourds. Les tracteurs, les camions, les loaders et d’autres équipements ont été volés ou immobilisés dans la cour de l’institution une fois que Préval n’était plus au pouvoir. Le CNE était réduit en une peau de chagrin. L’histoire de cette entité doit enseigner une chose à Jovenel Moïse : le plus grand cadeau qu’un président puisse donner à son peuple ou à son pays, ce sont des institutions solides pouvant aider à construire des infrastructures durables, combattre la corruption, porter les jeunes à reprendre confiance dans l’avenir et les parents à regarder le lendemain avec assurance. Le président Jovenel Moïse est-il prêt à s’y engager ?

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