Jovenel Moïse promet aux partis politiques le financement de l'Etat

Publié le 2017-10-11 | Le Nouvelliste

National -

Des représentants d’une quarantaine d’organisations politiques ont discuté, mercredi au Palais national, avec le président de la République sur le financement et l’institutionnalisation des partis politiques. Un comité de suivi de sept membres a été formé et Jovenel Moïse a promis d’entériner les suggestions de cette structure.

Après la première rencontre le 14 septembre 2017, le chef de l’État s’est à nouveau entretenu avec des responsables de partis politiques sur le financement et l'institutionnalisation de ces dernières. Au Palais national, loin des micros des journalistes, Jovenel Moïse et des représentants de partis politiques comme VERITE, OPL, UNIR-Haïti, GREH, PDCH, KID, PHKT, Fusion, LAPEH, entre autres, ont parlé financement. Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, les grands absents de la rencontre, sont dans les rues pour exiger le départ du président de la République.

Le comité de suivi, formé de sept partis politiques, pour le financement a été légitimé par le président Jovenel Moïse au Palais national. Il est composé de Mathias Pierre (LAPEH), Gertrude Bien-Aimé (VERITE), Irvelt Chéry (OPL), Raoul Pierre-Louis (UNIR-Haïti), Marie France Claude (PDCH), Enold Joseph et Ronald D'Mezar (KID) ; Roudy Choute et Liné Balthazar (PHTK).

Ce comité a pour mission de faire des suggestions au président de la République à partir de la loi de janvier 2014 sur la formation, le fonctionnement et le financement des partis politiques. Cette structure composée des représentants de sept partis politiques se propose de rencontrer les organisations politiques le vendredi 13 octobre dans un hôtel à Pétion-Ville en vue de trouver un consensus sur le mode de financement et les propositions qu’elle va soumettre à Jovenel Moïse.

Les partis politiques seront financés en fonction de leur représentativité au Parlement, du nombre de leurs élus dans les collectivités territoriales et du nombre de femmes élues.

Selon Mathias Pierre, le chef de l’État a pris l’engagement d’entériner le rapport du comité dans la mesure où le rapport respecte la loi de janvier 2014 sur la formation, le fonctionnement et le financement des partis politiques.

Interrogé sur la position des partis politiques qui réclament le départ du chef de l’État, Mathias Pierre qui avait endossé la candidature de Moïse Jean-Charles, leader de la plateforme Pitit Dessalines, lors de la dernière présidentielle, a déclaré : « Si les hommes/femmes au pouvoir ont la responsabilité de la gestion de l’État aujourd’hui, les hommes/femmes politiques en dehors du pouvoir doivent se préparer à le gérer demain. Si notre Haïti doit prendre la route de la stabilité politique, économique et sociale, condition nécessaire à sa pleine souveraineté, ce n’est pas à la rue de préparer nos dirigeants de demain. C’est à l’université des partis politiques, à travers leurs exercices sur les idéologies, leurs formations, leurs séminaires et leurs congrès annuels, qu’il incombe cette lourde tâche. »

Et Liné Balthazar de PHTK de renchérir en disant que les organisations politiques Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines ont aussi droit au financement. « Libre à eux de l’accepter ou de le refuser. Ce n’est pas un cadeau que le président Jovenel Moïse fait aux partis politiques, il y a une loi qui dit que le parti à droit au financement », a-t-il dit.

Pour sa part, Himmler Rébu du GREH a rapporté que le chef de l’État leur a fait savoir qu’il n’a pas l’intention de diriger le pays seul. Il a plaidé pour la poursuite du dialogue et la réalisation des états généraux sectoriels dans le pays.

Lors de cette deuxième rencontre avec les partis politiques au Palais national, le chef de l’Etat n’a fait aucune déclaration. Ce n’est que sur son compte Tweeter qu’il a posté : « Aujourd'hui j'ai rencontré les représentants des partis politiques autour des mécanismes de financement et de l'institutionnalisation des partis. — Je les félicite pour la mise en place du comité de suivi constitué de 7 membres visant à faciliter le processus de dialogue. »

Parallèlement, les partis politiques Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines qui, pour la deuxième fois, ont boudé l’invitation du Palais national, maintiennent la mobilisation et exigent le départ du président de la République qui n’a que huit mois au pouvoir.

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