Les filles, ces invisibles

A l'occasion de la journée internationale des filles ce 11 octobre, l'éditorial du jour porte la signature d'une fille dans le cadre des activités de «prise de contrôle par les filles », communément appelées « Girl Take Over », organisées par Plan international. Ces activités consistent à permettre aux adolescentes de se mettre dans la peau d’un dirigeant de n’importe quel secteur (politique, social, économique, médiatique, …) en occupant durant une heure, la fonction de la personne relayée. Nous publions ci-après en guise d'édito le texte de l'écolière Taïna Vaillant.

Publié le 2017-10-10 | Le Nouvelliste

Editorial -

Il y a 5 ans, l’ONU adoptait le 11 octobre comme Journée internationale de la fille. 5 ans plus tard, cette journée internationale a pris tant d’ampleur qu’elle est devenue de plus en plus connue et célébrée. On serait tenté de se demander pourquoi une Journée internationale de la fille, quand il y a déjà une Journée internationale des droits de la femme.

Pourquoi les filles ?

Parce qu’elles sont très vulnérables et vivent une réalité particulière, différente de celle des femmes, qui est souvent inaperçue. Elles sont les plus à risque de subir des abus. En effet, selon Plan International, la pauvreté familiale affecte davantage les filles que les garçons, tout comme la priorité est souvent accordée aux garçons quand des familles pauvres sont obligées de faire un choix dans la répartition de leurs ressources limitées.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population, 11% des adolescentes ont au moins un enfant. Avant l’âge de 20 ans, 31% des filles ont déjà deux enfants.

En Haïti, trop souvent, nos adolescentes n’ont pas accès, et se voient parfois carrément refuser l’information et les choix qui leur permettraient de se protéger contre des grossesses précoces ou non désirées.

D’autres obstacles, y compris le fardeau représenté par les tâches non rémunérées de prise en charge familiale et de travail domestique, ainsi que des normes sociales discriminatoires, empêchent les filles de pleinement développer leur potentiel.

Nous mettons sur leurs épaules une charge culturelle : d’une part, nous leur apprenons que « 2 mèg pa fri » , donc implicitement, nous les poussons à rechercher un compagnon aisé, capable de subvenir à leurs besoins et ceux de leur famille. Elles sont rarement formées à apprendre à se prendre en charge et être autonomes.

D’autre part, nous n’hésitons pas à faire des blagues autour des Madan Papa, des chercheuses de Big boss …

Que cette journée du 11 octobre ne soit pas une Journée internationale de plus, mais qu’elle nous amène à nous poser les bonnes questions sur ce que nous voulons pour nos filles haïtiennes, qu’elles soient nos sœurs, nos enfants, ou de simples étrangères.

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