Campagne contre la rage, une lourde charge pour l’État haïtien

Selon les chiffres rendus publics par la direction de la santé animale du ministère de l’Agriculture, 2 300 cas de morsures par des chiens ont été rapportés dans le pays pour l’année. Certaines de ces victimes ont contracté la rage. Cette maladie neurologique a causé la mort d'au moins huit personnes dont cinq dans le département de l’Ouest.

Publié le 2017-10-10 | Le Nouvelliste

Economie -

La rage continue de tuer dans le milieu haïtien. Selon les données du ministère de l’Agriculture et du ministère de la Santé publique, cette zoonose a provoqué la mort de huit personnes de janvier au 30 septembre 2017. Cette situation est si préoccupante que les acteurs concernés ont mis le paquet en vue d’un meilleur contrôle épidémiologique lié au virus rabique. Pour la campagne de vaccination de la famille canine, cette année, près de 500 000 dollars américains sont mobilisés. Les départements du Nord, du Centre, du Nord-Est, du Nord-Ouest et de l’Artibonite sont déjà touchés. Dans ces contrées, 130 995 chiens ont déjà été vaccinés. Pour le moment, l’emphase est mise sur le de chiens.

Les cas de morsures ont été répertoriés dans les dix départements géographiques du pays. Mais les cas de mortalité sont issus des départements du Nord-Ouest et de l’Ouest. Les responsables parlent de trois morts au chef-lieu du département du Nord-Ouest et de cinq dans le département de l’Ouest. Les décideurs veulent à tout prix limiter les dégâts, sinon les éradiquer. Depuis avril, plusieurs institutions se mobilisent à cet effet. Pour y arriver, ils comptent vacciner tous les chiens du pays, estimés à environ 1.1 million.

Grâce au support d'institutions comme OPS/OMS, le ministère de l’Agriculture, le ministère de la Santé publique et de la Population, la mission vétérinaire chrétienne, le Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses d’Atlanta (CDC), le ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural, par le biais de la direction de la Santé animale, souhaite atteindre au moins 780 000 chiens, ce qui représente environ 80% de l’ensemble des chiens sur le territoire. Les institutions concernées affirment que, pour minimiser le risque de contamination du virus rabique, il faut vacciner au moins 70% de la famille canine de manière continue.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Alliance mondiale de la lutte contre la rage s’accordent pour avancer qu’il faut immuniser cette population sur une base continue pendant au moins cinq ans pour arriver à éradiquer cette maladie. Cela représente une lourde charge pour les principaux acteurs impliqués dans cette démarche. La DSA parle à cet effet d’une augmentation significative du nombre de brigades impliquées dans les opérations sur le terrain. Plus de 6 000 brigades de deux agents chacune sont mobilisées pour le travail. Rien que pour le département de l’Ouest, le docteur Max Milien parle de 600 zones de vaccination.

Dans le cadre de cette campagne de vaccination, le CDC fournit un appui technique significatif. Les agents déployés sont munis d’un smartphone connecté à Internet et doublé d'un programme du Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses d’Atlanta, ce qui permettra une analyse et un traitement immédiats des données.

Cette maladie est en retrait dans beaucoup de pays dans le monde. En Haïti, c’est tout l’inverse. En 2006, 11 personnes ont été tuées après avoir été contaminées par la rage. En 2011, le nombre de victimes mortelles était estimé à 13 et en 2017, on est déjà à 8 morts. Les responsables croient qu’il y a actuellement une nette amélioration du contrôle épidémiologique dans le pays. C’est ce qui a permis de découvrir de nombreux cas suspects. Le vœu des autorités gouvernementales est d’éradiquer cette maladie d’ici les sept prochaines années. Entre-temps, elles sont en discussion permanente avec d’éventuels bailleurs. Elles invitent par ailleurs les propriétaires des chiens à les faire vacciner afin de minimiser le risque de contamination.

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