10e anniversaire

Concours de la Fondation TOYA sur la gouvernance et le leadership féminin

Pour fêter ses dix ans, la Fondation TOYA invite les jeunes à faire preuve de création intellectuelle en participant au concours de textes sur « La gouvernance et le leadership féminin ». Le Nouvelliste a rencontré Nadine Louis. Spécialiste en genre et en politique publique, détenant une maîtrise en politique de l’enfance et de la jeunesse, Nadine Louis est fondatrice et vice-présidente de Fondation TOYA. Cette ancienne étudiante en communication sociale à la Faculté des sciences humaines qui s'est formée également au Cameroun, en Afrique centrale en Conseillat de jeunesse et d’animation, puis en Belgique où elle s’est toujours renforcée sur les questions de genre et développement. Normal qu’au sein de la Fondation TOYA pour cette commémoration le leadership féminin soit le centre d’intérêt.

Publié le 2017-10-10 | Le Nouvelliste

Culture -

Le Nouvelliste (L.N.) : Pourquoi un concours de textes sur « La gouvernance et le leadership féminin? »

Nadine Louis (N.L.) : Historiquement, Haïti a toujours connu une gouvernance au masculin. De l’indépendance à nos jours, les hommes ont toujours occupé les plus hautes fonctions et participent activement à l’orientation sociopolitique et économique du pays. Ainsi, la philosophie, les formes de gouvernance mises en place et les valeurs véhiculées autour des postes de décisions laissaient croire pendant longtemps aux professionnels de sexe féminin que la gestion de la chose publique n’appartient qu’aux hommes. Après plus de 200 ans d’histoire, les filles et les femmes ne sont pas nécessairement éduquées pour développer le réflexe consistant à s’investir dans la chose publique. En revanche, la société ne semble non plus être prête à leur confier des places de haute responsabilité. Les derrières élections le prouvent avec la quasi-absence des femmes dans les deux chambres. Ainsi, un plafond de verre semble se dresser devant les femmes qui s’investissent et qui osent. Pourtant déjà en 1963, le poète Louis Aragon voyait déjà une alternative pour sauvegarder la planète avec son célèbre vers : « La femme est l'avenir de l'homme ». Dans la même veine, Kofi Annan en 2000 a déclaré que « l'avenir de la planète dépend des femmes». En corrélation à ces propos, AMMA eut à dire : La plupart des femmes sont actuellement endormies. Il faut qu'elles se réveillent et se lèvent. C'est un des besoins les plus urgents de notre époque. Fort de cela, la Fondation TOYA, dans la perspective de pousser les jeunes, principalement les filles, très tôt à percevoir ou à développer des réflexes liés à la chose publique, particulièrement à la gouvernance, invite les jeunes des deux sexes à laisser libre cours à leur imagination et leur génie créatif pour s’exprimer et pour tenter de réinventer la gouvernance en Haïti avec leur plume.

L.N.: Quel est le public visé dans le cadre de ce concours ?

N.L.: Comme je l’ai dit tantôt, ce concours vise les filles et les garçons du nouveau secondaire c’est-à-dire de la classe 3e à la philo. Ils/elles sont invités-es à traiter du sujet suivant: « Comment une gouvernance ouverte au leadership féminin pourrait-elle conduire à une société meilleure?» Les intéressés-es peuvent déjà commencer à écrire leurs textes et les soumettre au plus tard le 31 octobre 2017 à cette adresse: fondation.toya@yahoo.fr ou encore retirer le formulaire d’inscription sur notre site: www.fondationtoya.org.

L.N. : Sur quels critères les textes seront-ils sélectionnés ?

N.L. : Les critères sont simples. Il suffit seulement de faire partie du groupe cible et être capable de présenter et de défendre le texte à l'oral. Cependant, pour l’évaluation du texte, le jury s'appuiera sur la présentation du texte qui doit s'entendre sur trois pages 8 1/2 X 11 avec:

• Interligne : 1.5 et alignement : Justifié ;

• Police : Times New Woman ;

• Taille des caractères: 12 ;

L.N. : Les prix sont-ils alléchants?

N.L. : Oui, très alléchants. Nous offrons au premier ou à la première gagnant(e) un laptop et une minibibliothèque, au deuxième, une tablette et un lot de livres et au troisième, un lot de livres. Notons que les cinq premiers bénéficieront d’une carte de membre gratuite de la Bibliothèque Jeunesse TOYA pour un an. Ces derniers-ères recevront leurs primes en décembre au gala de levée de fonds qui sera organisé afin de renforcer la bibliothèque Jeunesse TOYA en vue de rendre la littérature accessible à une plus grande population de jeunes.

L.N. : C’est l’occasion de présenter au public la Fondation TOYA. Quel domaine investit cette association?

N.L. : La Fondation TOYA est une organisation à but non lucratif et non confessionnelle, créée en août 2007 en vue du renforcement des capacités et du leadership des filles et des femmes. Elle met l'emphase sur les filles dans la perspective qu’elles deviennent des femmes autonomes capables de développer au sein de leur communauté un processus de transformation socioéconomique et socioculturelle durable à effets multiplicateurs. En ce sens, notre objectif global est de contribuer au développement du pays par le renforcement et la promotion du leadership des filles et des femmes. Cette vision se construit à travers les domaines d’intervention suivants : formation (éducation non formelle) ; appui psychosocial ; promotion du leadership et entrepreneuriat féminin.

L.N. : Avec quels groupes travaillez-vous notamment?

N.L. Nous travaillons avec deux principaux groupes : les filles de 8 à 15 ans et les jeunes de 16 à 30 ans. Le contenu de leur encadrement porte sur des valeurs leur permettant de découvrir et d'exploiter leur potentiel afin qu’elles deviennent de véritables leaders capables d’influencer positivement leurs paires et de participer activement au changement de leur communauté. Ce programme est appuyé par Litworld, une organisation internationale qui partage notre vision. Grâce à la contribution des membres fondateurs, des bénévoles et de Litworld, la Fondation TOYA parvient en 10 ans à implanter dans la communauté une bibliothèque jeunesse et 13 Litclubs regroupant des adolescentes dans trois départements (Sud-Est, Sud et l’Ouest). Ces Litclubs sont animés par des jeunes filles leaders appelées mentor qui font partie du groupe de 16 à 30 ans, qui, elles aussi, sont formées et encadrées par la Fondation TOYA.

Propos recueillis par Claude Bernard Sérant

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