Oscars 2018 : Haïti vise le prestigieux prix du Meilleur Film étranger avec « Ayiti mon amour »

C'est officiel, « Ayiti mon amour », un film tourné à Jacmel par la réalisatrice Guetty Felin, défendra les couleurs d’Haïti aux Oscars 2018. Une toute première pour l’histoire du cinéma haïtien.

Publié le 2017-10-06 | Le Nouvelliste

National -

« Ayiti mon amour », est bel et bien sélectionné pour représenter Haïti aux Oscars 2018. L’annonce a été faite après la fin des inscriptions du 02 octobre par « Academy of Motion Pictures and Sciences ». Pour la première fois, Haïti participe aux Oscars de meilleur film étranger, de même que Honduras, République démocratique populaire du Laos, Mozambique, Sénégal et Syrie qui concourent tous pour les prestigieux prix de l’Académie. Maintenant, l’heure est à la campagne médiatique et peut même amener à une consécration.

Pour la précédente édition, 85 films ont été jugés admissibles par l'Académie. Cette année, le nombre est un record : 92. Ces films espèrent atteindre une autre liste de neuf, suivie d’une liste finale de cinq nominations qui seront annoncées le 23 janvier, peut-on lire sur le site d’Indiewire.

« Ayiti mon amour » a reçu plusieurs prix pour l’année 2017, dont ceux de meilleur long métrage de fiction au « Blackstar Film Festival » et la meilleure cinématographie au « Festival Internacional de Cine America ». C’est un récit audiovisuel qui raconte comment la vie revient dans une petite ville oubliée par le reste du monde et frappée par des catastrophes naturelles. Réalisé en 2016 à Jacmel, six ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, il montre comment la mer agitée s’empare de la terre de ce village et comment ses habitants, hantés par le mémoire du désastre, s’en sortent malgré tout.

Guetty Felin décrit l’histoire de ce traumatisme, sa lente guérison pour atteindre le renouveau. Ce conte néoréaliste est aussi l’histoire de trois vies qui s’entremêlent. C’est d’abord l’histoire d’un adolescent, Orphée (Joakim Cohen), accablé par la mort de son père et perdu entre les fantasmes et la réalité. Ensuite, le film décrit le vieux Jaurès (Jaurès Andris) qui contemple ce monde qui change trop vite, tout en se préoccupant de la santé de sa femme qui se dégrade. Il veut trouver la solution à tout prix. Enfin, la belle Ama, personnage principal d’un roman qu’un écrivain peine à finir.

À souligner que Guetty Félin est la première femme d’origine haïtienne à avoir réalisé un long métrage de fiction entièrement tourné en Haïti. Elle compte sur la diaspora et le pays pour l’encourager jusqu’au bout, car ce n’est pas elle-même qui est en compétition, c’est Haïti, selon elle. « C’est comme participer à la Coupe du monde et Dieu sait combien on aime le foot en Haïti », avait-elle déclaré au journal Le Nouvelliste. Même si Guetty reconnaît qu'en Haïti la culture est traitée en parent pauvre, elle croit que le pays va supporter la campagne médiatique comme cela se fait dans tous les pays, pour les films qui les représentent aux prestigieux prix de « l’Academy of Motion Pictures and Sciences ».

« Nous devons commencer une campagne médiatique à partir du 2 octobre. Ce genre de campagne est très coûteux », a-t-elle souligné. Il reste à Guetty Felin et son casting un dernier obstacle à franchir avant d'espérer d’obtenir le prix, celui du comité de sélection, qui établira la liste des neuf puis des cinq gagnants, en début d'année 2018.

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