L'opposition anti-Jovenel tombe de Charybde en Scylla

Publié le 2017-10-09 | Le Nouvelliste

Idées & Opinions -

Michel Joseph Martelly, après s’être donné le titre de « prezidan konpa », a occupé le Palais national durant son mandat de cinq années. Au Parlement, Garcia Delva et Don Kato ont récidivé en se faisant élire, tous les deux, sénateurs de la République. Les temps ont bien changé, affirment certains. D’autres, utilisant l’approche manichéenne, pensent que nous vivons les derniers temps. Jésus revient, disent-ils, mais ils sont corrigés par d’autres qui sont sûrs que le Christ est déjà à nos portes.

Cependant, ces temps nouveaux s’accompagnent de nouvelles mœurs et de nouveaux comportements. Ils charrient un phénomène nouveau, qui ne fait pas l’unanimité, mais très répandu parmi les jeunes ; c’est celui de l’acculturation et de la déviance dans la façon de s’habiller et aussi de faire de la musique. Même la nature a eu pour son compte avec le réchauffement climatique qui bouleverse les saisons au point que des loustics espèrent voir tomber la neige en Haiti. Ces changements peuvent être constatés dans l’hémicycle du Parlement par l’accoutrement et la coiffure de certains parlementaires acculturés.

Fini le temps où un parlementaire ou un maire était considéré comme un personnage respectable et respecté, toujours bien mis et cravaté en tout temps et en tout lieu. Si tout le contraire est assimilé ou interprété comme de lentes métamorphoses qui sont l’œuvre du temps et de profondes mutations, agissant sous l’irrésistible et incessante poussée de la nature, sans cesse active, il y a lieu de croire et d’admettre que l’être humain est vachement compliqué tant dans son for intérieur qu’extérieurement. Autant dire que l’homme évolue dans un univers ou un monde de rapports avec la nature et avec ses semblables, rapport également avec son passé, son présent et son avenir.

Le pays traverse une zone de turbulence dans laquelle beaucoup de nuages assombrissent son firmament politique. Nos leaders politiques jurent de ne rien accorder à cette nation exsangue qui agonise. Même pas un répit dans leurs luttes intestines afin de laisser du temps au temps pour pouvoir panser les blessures. Aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, avec la vitesse foudroyante et exponentielle du flot lancé contre le pouvoir vieux de 7 mois seulement, il y a lieu de se rendre à l’évidence, de ne plus passer le temps à se quereller. Il faut plutôt recommencer, à bref délai, à organiser sous peine de nous exposer au jugement de l’histoire, ou à disparaître sous les ruines que peut entasser l’esprit révolutionnaire qui nous anime.

Pour l’instant, nos politiques (leaders) qui viennent d’être jugés par la population au cours du dernier scrutin présidentiel, refont surface. Ils remontent le creux de la vague en quittant avec empressement les profondeurs abyssales où ils avaient élu domicile pour reprendre le béton, à la faveur du tumulte causé par la publication du budget 2017-2018. Les leaders de l’opposition, usant de leur droit constitutionnel de manifester, le font tous azimuts jusqu’à vouloir mettre de côté la problématique du budget pour exiger la démission du président de la République. Ils tombent de Charybde en Scylla, soit pour nous conduire dans la tombe ou pour nous imposer une éternelle transition qui n’en finit pas.

Caveant consules !

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