2.4 milliards de dollars en 2017, Haïti de plus en plus dépendante des transferts de la diaspora

Publié le 2017-10-04 | Le Nouvelliste

Editorial -

Selon des statistiques rendues publiques par la Banque mondiale, les transferts de la diaspora haïtienne représentent 31% du produit intérieur brut (PIB) d’Haïti.

Sur la terre, en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) pour 2017, Haïti (31.2%), avec 2.4 milliards de dollars d’envois de fonds reçus, arrive deuxième à top 5 des principaux pays bénéficiaires des envois de leurs ressortissants établis à l’étranger. Le seul pays qui dépasse Haïti est la République kirghize (37.1%). Les autres pays qui occupent le top 5 avec nous sont le Tadjikistan (28%), le Népal (27.2%) et le Libéria (25.9%).

Au niveau régional, Haïti caracole en tête de ce classement, loin devant le Honduras dont les transferts représentent 18.4% du PIB, la Jamaïque 17.4%, El Salvador 16.7% et le Guatemala 12.2%. Avec 8.7 milliards de dollars de transferts reçus en 2017, le Guatemala est deuxième dans la région, loin derrière le Mexique et ses 31 milliards de dollars. La République dominicaine (5.7 milliards de dollars), la Colombie (5.5 milliards de dollars) et El Salvador (5.1 milliards de dollars) nous dépassent en termes de fonds reçus mais Haïti est définitivement le pays le plus dépendant des envois de sa diaspora.

Deux faits sont à signaler: contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays, l’Etat haïtien ne s’est jamais penché sur le coût payé par les émigrés haïtiens pour envoyer de l’argent à leurs parents restée au pays. Aucune étude nationale ne compare les prix des transferts ni ne fait de recommandations.

Si depuis 2010 l’Etat haïtien taxe spécifiquement chaque apport de la diaspora, il n’y a pas de transparence sur la question. Il n’existe non plus aucun plan articulé pour intégrer les transferts dans l’économie nationale. La diaspora paie nos factures, nos consommations, nos coups durs, mais leur argent n’irrigue pas le développement du pays.

Chaque année, Haïti et chaque Haïtien deviennent de plus en plus dépendants de l’argent de la diaspora, mais nous ne faisons pas fructifier la manne reçue. Ni n’imaginons pas qu’un jour elle se tarira.

L'Etat, les banques, les familles, tout le monde ici vit au rythme de l'économie de la rente payée par la sueur de la diaspora.

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