Peinture

Don Laïno : l’invitation au voyage

Publié le 2017-11-09 | Le Nouvelliste

Culture -

Cet artiste-peintre a-t-il un état d'âme indomptable pour créer avec la matière colorée le cristallin cubique le plus pur qu’affectionnent les dieux de l’Olympe ? Lyonel Francilus (Don Laïno) recrée le monde. Sur du diamant. Il tapisse l’intérieur de ses œuvres de cristaux, de ces pierres emblématiques qui rappellent le beau ciel nocturne clouté d’étoiles. Comme dans une croisière vers une nouvelle destinée, il embellit ce nouveau monde de la légende « du lait et du miel ».

Les pierres précieuses abondent comme des gisements alluvionnaires sur ces toiles qui se prêtent à des jeux de lumière. Telles des parures de diamant. Comme dans un souffle mystique, il avance dans un environnement symbolique, idyllique, et spirituel.

Don Laïno plonge son monde dans la pénombre pour souligner que le monde est nuancé, qu’il recèle une variété de gemmes. La pierre brillante comme un astre se pare aussi d’une lumière noire comme celle du diamant noir du Nevada ou bien l’hématite noire d’Alaska ou encore l’obsidienne décolorée.

Toute sa peinture orchestre une marche dans un univers symbolique. Spirituel. Aussi se nourrit-il, sur ces terres intérieures, dans son espace de création, de lait et de miel.

Les gisements que recèle cette œuvre relancent les nouvelles créations de l’artiste. Il n’a pas sorti des livres inspirés : avant son voyage à Montréal - avant le séisme du 12 janvier 2010, il avait peint une autre œuvre marquante : le chapitre 21. Cette toile rappelle les prédictions de l’apôtre Jean dans l’avant-dernier chapitre de la Bible.

Aujourd’hui, cette peinture titrée « Le lait et le miel » raconte une autre légende. Un souffle mythique. Une nouvelle espérance. L’œuvre reflète une autre histoire. C’est, certes, une nature morte. Mais, avec tant de vie qu’un élément du récit le rend encore plus vivant. Plus réaliste. Une nature morte inspiratrice. Nourrie de légende et de foi chrétienne.

Le sacré dans « le lait et le miel »

L’origine de cette œuvre remonte, en fait, à un patriarche de la parole de Dieu. Elle trace un cheminement, une orientation de la toile : l’aspect sacré embrase l’œuvre. Visuellement, le travail ne prédit guère toutes les implications. Mais, au fur et à mesure qu’on pénètre dans les non-dits, on découvre les dessous de l’œuvre.

Sans se poser comme l’apôtre – en prophète, sans prendre ouvertement position sur le plan de la foi religieuse, recouvert du manteau blanc dans le froid canadien, l’artiste produit une chaleur entraînante. L’envie d’étaler, ici et là, ses propres richesses : les émeraudes, les diamants, les pierres précieuses.

Don Laïno veut nous montrer que la valeur de la richesse n’existe pas dans la quantité, mais dans la manière de la distribuer. Le créateur se considère, ainsi, plus riche que les Crésus – ces hommes ou femmes d’affaires du monde dont la revue Fortune fait souvent état. Tel Bill Gates. Son opulence vient du pinceau, de la richesse du cœur. De ses sources diamantaires.

Ses toiles sur les couchers de soleil canadiens aiguisent son imaginaire. Mais, s’il approfondissait ses observations en visitant autres lieux, autres capitales du monde, cela l’enrichirait davantage...

Quelle monde merveilleux, riche de l’amour dont l’artiste entoure ses créations ! Cette « nature morte » ou les couchers de soleil nous lancent une invitation à imaginer le monde plus merveilleux, plus beau pour jouir, avec profit, de telle richesse.

Dans ce monde étonnant, créé par l’artiste, il bannit la lumière. Cette vile lumière, au temps de la fin, n’existera plus. Seuls nos corps, concède-t-il, nous éclaireront. Entamons ainsi le voyage à la conquête du pays imaginaire, selon la promesse divine. Là où coulent, à profusion, « le lait et le miel ». Quelle invitation au voyage !

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