Manifestation violence

Où était la Police nationale ?

Publié le 2017-09-12 | Le Nouvelliste

National -

Une journée de tension pour les habitants de la capitale et des zones avoisinantes. Dans 13 endroits en même temps en petits groupes, des gens ont semé l’effroi, mardi, à Port-au-Prince, à Delmas et à Pétion-Ville, selon la Police nationale. « Ils incendiaient et cassaient les pare-brise de véhicules, lançaient des pierres sur des entreprises… », a déploré le directeur départemental Ouest de la Police nationale. Selon Alain Auguste, il ne s’agissait pas de manifestation de rue, mais des gens qui commettaient des actes répréhensibles.

« Nous avons essuyé des tirs d’armes à feu à Martissant, à Delmas 18, à la rue de la Réunion et la rue Charerron », a dénoncé le responsable de la police pour le département de l’Ouest. Cependant, Alain Auguste a souligné qu’il n’y a eu aucune perte en vie humaine ni de blessés du côté de la police ni du côté des groupes armés. Sauf à Martissant, a précisé l’officier de police, un homme a trouvé la mort parce qu’il a refusé de donner du carburant à des gens qui voulaient mettre des barricades enflammées sur la route. « C’est la version qu’on a reçue du côté de la population elle-même à Martissant », a-t-il dit au journal joint par téléphone mardi soir.

Si plus d’un estime que la Police nationale était dépassée par les événements mardi lors de la manifestation de l’opposition politique, le directeur départemental Ouest de la PNH a fait remarquer que 13 groupes simultanément à Port-au-Prince, à Delmas, Bel-Air, au centre-ville, à Pétion-Ville troublaient l’ordre public. Il a toutefois reconnu que dans certaines zones, la police a mis du temps à arriver sur place, mais « nous étions dans la rue très tôt… », a-t-il dit.

Selon ce qu’a constaté Le Nouvelliste sur le terrain, à Delmas 75 quand les policiers ont dispersé la manifestation à coups de gaz lacrymogène et d’eau à pression, ils n’étaient pas en effectif suffisant pour assurer la sécurité de la rue. A ce constat, le responsable de la police nationale dans le département de l’Ouest a fait savoir au Nouvelliste que la police devait être en même temps dans 12 autres endroits autres que Delmas 75.

Alain Auguste a soutenu que la PNH est toujours prête et mobilisée pour sécuriser les manifestations de rue. Mais, a-t-il dit encore une fois, il n’y avait pas eu de manifestation hier mardi 12 septembre, mais des gens divisés en 13 groupes qui commettaient des actes répréhensibles. Il a souligné qu’une manifestation est un groupe de personnes ayant un parcours bien déterminé d’un point A à un point B. Tel n’a pas été le cas mardi, a-t-il dit.

Interrogé sur des informations laissant croire que la mauvaise performance des policiers hier mardi est due à une frustration relative à des arriérés de salaire, le DDO a fait savoir que tous les policiers ont déjà reçu leur salaire. Cependant, pour les primes de risques et autres, Alain Auguste ne pouvait pas être affirmatif. La PNH, a-t-il ajouté répondant aux questions du journal, n’a pas de problème de carburant non plus.

L’officier de police a déploré le fait que les organisateurs de la manifestation n’avaient pas respecté le délai de 48 heures pour notifier la Police nationale avant toute manifestation. « Nous avons reçu la notification lundi aux environs de midi et on avait fait savoir à celui qui l’avait apporté que l'exigence des 48 heures de notification n’avait pas été respectée… », a-t-il tancé.

Malgré cela, a-t-il dit, « nous étions prêts pour sécuriser la manifestation. Mais ce n’était pas une manifestation… »

Rien qu’à Port-au-Prince, les gens ont incendié pas moins de quatre véhicules et la Police nationale, au moment de l’interview, ne disposait pas encore de chiffres ni pour Delmas ni pour Pétion-Ville. S’agissant des pare-brise de véhicules cassés, il y en a eu tellement que la police ne pouvait pas en faire le décompte.

Des entreprises comme le supermarché Delimart, la Unibank de Delmas 32 et celle de Delmas 71, Delmas 2000, entre autres, ont subi des actes de violence de la part des manifestants, a rapporté le commissaire de police.

Alain Auguste reconnaît le droit qu’a la population de manifester, mais, a-t-il dit rappelé, cela doit se faire dans le respect de la loi, dans le respect des vies et des biens.

A la suite de la manifestion violentes de ce mardi, la police a procédé à l’arrestation d’une douzaine d’individus pris en flagrant délit en train d’incendier des véhicules, entre autres, et de casser des pare-brises, selon le commissaire. Ils seront déférés par-devant la justice pour les suites légales, a-t-il dit.

Très tard mardi soir, les carcasses des véhicules incendiés, les pneus enflammés et les barricades étaient encore dans les rues de Port-au-Prince.

A l’appel des organisations politiques comme Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines, ils étaient des milliers à gagner les rues pour exiger le retrait de la loi de finances 2017-2018 et le départ du chef de l’Etat avant que cela se transforme en violence…

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