À Carrefour, les élèves retournent en classe à différents rythmes

Publié le 2017-09-11 | Le Nouvelliste

National -

Deuxième semaine de classe. Les élèves sont nombreux à reprendre le chemin des classes à Carrefour. L’effet se ressent même au niveau de la circulation qui devient plus dense ce lundi. Cependant, les lycées et écoles nationales ont du mal à suivre le rythme des collèges qui fonctionnent déjà à plein régime.

Chaque école à son rythme, dépendamment de son personnel enseignant et des élèves qui la fréquentent. Au Collège des sœurs de la charité de Saint-Louis, une heure après la rentrée, les élèves suivent attentivement les cours. Les enfants répètent à l’unisson après leur enseignant. L’effectif de chaque salle est connu. Fort de cette maîtrise des dossiers, le responsable du secondaire, Mona Dortelus, nous a confié que tous les élèves sont présents et pas plus de trois absences sont constatées dans certaines classes, notamment en philo.

Au lycée Louis Joseph Janvier de Carrefour, c’est une toute autre ambiance. Certains élèves restent dans la cour, d’autres dans les salles et un nombre à l’extérieur de la barrière, car ils ne sont pas en règle. Le bâtiment n’est pas prêt pour accueillir les écoliers. On essaie d’appliquer les dernières couches de peinture pour cacher la laideur des lieux. D’épaisses couches de poussière ont décoloré les persiennes blanches. Certes, les élèves sont plus nombreux aujourd’hui mais on n’est pas tout à fait prêt, reconnaît un professeur suppléant.

Certains professeurs assemblés au censorat n’ont pas essayé de pénétrer dans les salles. Leur présence est plutôt symbolique. Car « Nous n’avons pas été rémunérés comme le ministre l’avait promis », lâche un d’entre eux. Apparemment, cela paralyse la reprise plus que la situation du lycée qui n’est pas bien entretenu. Le staff de direction ne peut rien pour contrer les enfants qui circulent libre dans la cour.

Deux autres écoles nationales dans les environs : République Centrafricaine, école nationale des arts et des métiers, ont un problème en commun avec le lycée. Le personnel enseignant attend toujours ses chèques. Ils font partie, disent-ils, des 3 000 enseignants du secteur public qui n’ont pas encore perçu leurs arriérés de salaire malgré les promesses du ministre de l’Éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, leur assurant qu’ils allaient être payés après le vote du budget rectificatif 2016-2017 par le Parlement.

Toutefois, les activités scolaires ont repris dans ces deux écoles nationales. Les élèves sont accueillis dans des salles propres. Le directeur de l’école République Centrafricaine, Yves Blanchard, a confié que le ministère de l’Éducation nationale n’a jusqu’ici octroyé aucun fonds pour la réparation des bancs et le nettoyage du bâtiment. Mais il s’est assuré, dit-il, de confectionner du mobilier scolaire et de donner un visage nouveau au bâtiment. Dans ces conditions, a-t-il ajouté, c’est le dévouement et l’abnégation des enseignants qui les poussent à venir travailler et aider les enfants à faire un nouveau pas dans leur apprentissage.

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