À la veille de la *journée internationale de la jeunesse (11 août 2017) à la salle de *convention de la BRH

Discours de S.E.M Faranday PIERRE-LOUIS, Jeune-Président de la République

Publié le 2017-08-22 | Le Nouvelliste

Société -

*S.E.M le président de la République ;*

*Honorables sénateurs et députés de la 50e législature*

*Madame la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ;*

*Mesdames, messieurs les hauts dignitaires de l’État ;*

*Mesdames, messieurs les cadres du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique ;*

*Monsieur le président de *l’Association des* *Volontaires pour la* *Démocratie ainsi que* *ses différents membres*;

*Mesdames, messieurs les membres du* *Gouvernement Jeunesse d’Haïti ;*

*Honorables anciens collègues jeunes parlementaires ;*

*Mesdames, messieurs les membres de la société civile ;*

*Mesdames, messieurs* *les amis de la presse* *parlée, écrite et télévisée*

*Chers concitoyennes,* *chers concitoyens, chers jeunes.*

En ce moment historique et glorieux où de nombreux peuples à travers le monde préparent la célébration de la journée internationale de la jeunesse sous le thème : « Jeunesse moteur de la paix et du développement durable » ainsi, les différentes générations et couches du pays se réunissent pour marquer indélébilement cette journée, laquelle a été consacrée par l’ONU le 17 décembre 1999 dans sa résolution A/RES/54/120 suite à une recommandation de la conférence mondiale des ministres de la jeunesse qui s’était tenue à Lisbonne du 8 au 12 août 1998.

Je crois que c’est un héritage précieux que ces derniers nous ont légué en nous permettant de plancher avec sérieux et intelligence sur ce concept qui est très problématique, à savoir la jeunesse.

Je voudrais tout d’abord m’adresser aux autorités politiques, religieuses, économiques et sociales, lesquelles ont une obligation de résultat à l’égard du pays et de la jeunesse. Je veux aussi attirer leur attention par ce petit proverbe créole qui dit : « baton ki nan men w se ak li ou pare kou ».

Les personnes âgées se servent de la canne comme moyen de défense, un point d’appui et d’équilibre indéfectible pour continuer à rester debout. Dans le cas de notre pays, on a la chance de disposer d’une canne assez solide et dense, qui selon les dernières données fournies par les institutions d’enquête et de statistique représente plus de 60% de la population globale. Cette canne n’est autre que la jeunesse .

Vous en faites quoi d’elle, cette canne ? Face aux différents problèmes et enjeux auxquels s’expose notre pays, la jeunesse, la voie incontournable par laquelle l’État doit passer pour déclencher le processus de développement durable que nous rêvons tous, connait malheureusement de sérieuses difficultés que j’empresse de scander dans cette adresse.

Mesdames, Messieurs, chers jeunes, vous qui symbolisez les plaques sensibles de l’avenir, je veux vous dire que l’heure n’est plus aux beaux discours, car on a beau entendre. Nous sommes face à une situation atterrante, qui mérite d’être palliée par des mesures concrètes et adéquates afin d’éviter qu’elle ne se transforme en une bombe, en cas d’explosion qui risquera d’aboutir à l’anéantissement de la première République noire du monde. Que faire dans une telle situation ? Quelles seront les prochaines étapes qui devront être franchies pour redonner l’espoir au présent du pays ? En ce moment même Haïti est devenue une terre chaude, un lieu aride et de transit pour une grande tranche de sa jeunesse qui n’a qu’un seul rêve, laisser Haïti pour aller vivre la vie qui mérite d’être vécue à l’extérieur.

Ainsi, ces jeunes investissent de fortes sommes pour aller risquer leur vie ailleurs pour trouver la vie tant rêvée. Oui, nous sommes conscients que la maison est en feu, mais que faire pour amenuiser, extirper, combattre de sang-froid ce phénomène, voire même l’empêcher ?

Je n’ai pas dans ma prétention de faire l’apologie de cette fuite de cerveau, de cette force de travail, de détermination et d’exubérance, mais quand on est en danger, on doit se mettre à l’abri, et ceci un abri sûr, c’est une loi naturelle. Je crois qu’il y a de l’espoir, mais la seule chose qui peut vraiment rallumer cette étincelle d’espoir et de redémarrer vraiment sous de nouveaux chapeaux de roues, c’est la volonté incommensurable et sincère de nous mettre ensemble au profit de notre Haïti. C’est sur cette base qu’on a fait l’histoire en 1804 et planté les jalons de l’autodétermination des peuples.

Maintenant c’est le moment où jamais que le mot jeunesse ne symbolise plus le maître mot des discours politiques, le leitmotiv abusif des campagnes électorales, mais par des vraies politiques publiques, donner à elle la place qui lui revient afin qu’elle puisse travailler avec fierté pour le bonheur de notre pays. Pendant des années, nous sommes restés trop figés à regarder cette richesse qu’est la jeunesse s’effriter et s’envoler vers les pays étrangers. Et pourtant nous n’arrêtons pas de dire que la jeunesse est la force vitale de la nation .

Il faut sortir de cet immobilisme si nous voulons vraiment arrêter la course effrénée de l’avenir du pays vers sa destruction totale. Je veux m’adresser aux autorités politiques haïtiennes, en ce moment historique, afin de leur solliciter une politique de la jeunesse axée première sur l’éducation.

Car, je suis persuadé en tant que Jeune Président de la République, leader responsable que les problèmes sociaux les plus chroniques ne peuvent être réellement résolus sans passer par la voie de l’éducation. Après avoir reçu le prix Nobel de la littérature en 1927, M. Henri Bergson eut à déclarer dans une lettre qu’il a adressée à l’Académie suédoise que le problème politique par excellence est le problème de l’éducation. Se toujou chire pit politik, divizyon tout tan ki anpeche n avanse kòm tout peyi ki egziste. Ann pran egzanp sou Rwanda ak Afrique du sud de Nelson Mandela.

Je m’inspire intensément de cette fameuse assertion de Bergson pour dire haut et fort, de manière exaltante qu’il faut d’abord prioriser l’éducation, qui est aussi notre cheval de combat au sein du GJH, et c’est à partir de ce moment que nous pourrons penser avoir une jeunesse conséquente et stable, sinon on pataugera dans l’océan de l’illusion. Tant vaut l’éducation tant vaut la jeunesse !

Sistèm levasyon an pa machin, li pa dwe gen plizyè vitès. Se sa ki toujou bay rezilta malouk sa yo nan egzamen ofisyèl leta yo.

En tant que produit de l’UEH ne pas me prononcer encore une fois sur sa situation alarmante serait irresponsable et insoucieux de ma part.

Depuis un certain temps, l’Université traverse une crise récurrente qui risque d’imploser davantage l’avenir de la jeunesse estudiantine. Cette situation a résulté à la fermeture de différentes entités de l’UEH et un incident malheureux en juin dernier à la F.E.

Il est de saison pour organiser le congrès sur l’enseignement supérieur afin de pallier ces différents problèmes. Il est du devoir de l’État aussi d’augmenter le nombre des universités et des écoles professionnelles à travers le pays, mettre une bibliothèque bien équipée au moins dans chaque commune du pays et l’accès à l’internet pour faciliter les recherches. Oui ! il faut investir dans l’enseignement supérieur en Haïti.

Sur le plan économique, je ne cesserai de marteler ceci : « pour le décollage réel du pays, nous avons besoin d’une nouvelle génération de jeunes boss pour propulser la création d’emplois ».

Je demande une politique publique qui est apte à faciliter l’intégration des jeunes dans le monde professionnel et sur le marché du travail sans partialité. Je pense qu’il est tout à fait anormal que le verrou de ce secteur motive les jeunes non pas à se battre pour mériter les chances qui leur sont offertes par ce dernier mais à se battre pour avoir des chances d’y pénétrer.

Nous devons arrêter la dévalorisation des compétences et de l’effort de la jeunesse haïtienne qui exige d’elle un billet de l’expérience du travail pour son insertion effective dans le marché du travail. Demander 5 ans d’expérience à un jeune fraîchement issu de l’université n’est autre qu’un crime et de l’exclusion dans le sens noble du terme.

En effet, comment demander à la jeunesse de rester dans le pays si nous leur refusons systématiquement l’accès au travail dans une ambiance décente ? S'il n'y a aucun cadre stimulant l’entrepreneuriat ?

[Depuis que l’État demeure le plus grand employeur du pays, le cancer du chômage sera toujours incurable et débouchera aux mêmes résultats], car les mêmes causes dans les mêmes circonstances produisent les mêmes effets.

Il faut adopter de nouvelles mesures pour inciter et orienter les jeunes vers l’entreprenariat . Nou vle travay, nou ka travay, ebyen fè n travay ! Ann fè l ansanm pou yon sèl peyi ki se Ayiti cheri ! Konsa nou tout ap fyè !

L’engagement de la jeunesse est l’un des piliers fondamentaux de toute société qui se construit et qui souhaite voir son avenir dès le présent. Il faut créer un climat approprié pour que les jeunes fournissent des services civiques.

Je crois que le développement du pays repose foncièrement sur le dos d’une jeunesse solidaire, engagée et citoyenne, d’où la nécessité de travailler sur les notions du civisme et de citoyenneté dans les écoles classiques, dans les lieux de cultes, dans les écoles professionnelles et universités.

[Oui cette responsabilité est reposée sur nous comme étant le pivot de la société] . Aucun résultat sérieux n’est possible si la jeunesse ne refuse une fois pour toutes de regarder sa vie qui s’effrite devant elle sans rien faire. Il faut continuer à s’engager, chers jeunes.

Pour y arriver, l’État haïtien doit encourager et faciliter l’implication de la jeunesse dans le processus de développement du pays. Mes chers jeunes, il est temps de sortir de votre zone de confort, il est temps de rejeter d’un revers de main la complexité, il est temps de dire oui, nous voulons vivre une vie viable et respectable en Haïti. Nous sommes le pivot sur lequel sont attachés les différents rayons de la roue, soyons conscients, agissons ensemble pour Haïti !

*Vive le mariage intergénérationnel dans le respect de la loi !*

Vive la justice sociale!

Vive la force ! Vive la force ! Vive la force !

Vive une Haïti sans Injustice, sans impunité et sans violence!

Vive un État de droit ! vive la démocratie !

Vive une jeunesse consciente, engagée, impliquée et respectée!

Faranday PIERRE-LOUIS

Jeune Président d'Haïti

Gouvernement Jeunesse d'Haïti

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