BACKSTAGE

Zenglen repousse une proposition indécente

Deux périodes estivales sans Zenglen en Haïti. Pour la troisième, le groupe débarque, mais sans son artillerie habituelle : la voix principale. Prétexte pour relater une proposition repoussée par Jean Brutus Derissaint, qui est passé maître dans l’art de gérer les crises. Petites confidences...

Publié le 2017-08-11 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

Zenglen réapprend à voyager depuis un certain temps. Pas toujours avec Frérot Jean-Baptiste et Wid, ses deux chanteurs, en même temps. Le groupe compose souvent avec des aléas. Une fois, Réginald Cangé, un ancien de la maison, l’a sauvé des eaux hivernales à Montréal. Récemment encore, Kenny Desmangles a apporté, lui aussi, sa petite contribution en épaulant Frérot, toujours à Montréal. En tournée estivale présentement en Haïti, Zenglen a voyagé sans son chanteur principal. Ce dernier est retenu aux États-Unis. Il est en période de probation pour un emploi dans la fonction publique en Floride. Là encore, Brutus, le manager, sort un autre atout de sa manche. Emy Nixon Louis, un jeune chanteur, est en première ligne avec Wid.

« Zenglen pi rèd! », s’exclame le manager, quand on évoque les difficultés endurées par le groupe depuis les démissions de Réginald Cangé et de Kenny Desmangles. En marge de leur participation à la récente édition du Festival international de mizik kreyòl à Montréal, Brutus Derissaint confie avoir repoussé récemment une proposition indécente. Quelqu’un lui a proposé, raconte-t-il, 125 000 dollars américains pour prendre le management du groupe pendant les cinq prochaines années. Le retour de Réginald Cangé au sein de l' équipe aurait été aussi exigé par l’investisseur dans sa proposition jugée déplacée.

Brutus devrait, en clair, ne garder qu’un rôle de figurant tout le long du contrat refusé. Le manager n’y est pas allé de main morte : « Zenglen, c’est Brutus (…). C’est comme si quelqu’un voulait acheter la progéniture d’une mère.» Ajoutant que le droit de se retirer de la scène de Zenglen lui revient. Le guitariste et membre fondateur de Zenglen a qualifié de pitance la somme qui lui a été proposée pour céder le leadership du groupe pour au moins cinq ans. « Je pourrais le faire sans aucune compensation. C’est à moi de décider de l’avenir de Zenglen », a poursuivi Brutus, les yeux abrités derrière des lunettes.

Un retour de Réginald Cangé à Zenglen est dans l’ordre des choses possibles. « Les fans de Zenglen apprécient Réginald. Il pourra se produire avec nous lors de certaines prestations du groupe. Mais, un retour définitif n’est pas dans l’air », a répondu M. Derissaint aux questions de Ticket depuis Montréal. Le manager a concédé, au cours de l’entretien, une baisse de régime du groupe. Les pages du carnet d’excuses sont loin d’être remplies. Elles contiennent au moins une évoquée par Brutus : le temps qu’a pris l’immigration américaine pour délivrer des documents de voyage à l’un de ses chanteurs.

Le manager ne frissonne pas. Le rythme va reprendre. « Nous croyons en la production; nous repensons les stratégies pour reprendre le rythme habituel de Zenglen », a indiqué notre interlocuteur. L’une des résolutions est la sortie programmée pour le 20 novembre prochain d’un nouvel opus. Un invité de marque du nom de Dener Céide est attendu sur cet album pour lequel 30% du travail a déjà effectué. « Dener a une vision musicale et une philosophie de la vie qui convergent vers les miennes », a fait savoir Jean Brutus Derissaint. En attendant la prochaine contribution, le manager peut fredonner, jusqu’à être jouissif, "Sincerely yours", un hymne à l’amour de Céide gravé sur l’album « Zenglen pirèd» paru en 2015.

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