Klass 5 ans déjà!

2 albums avec des tubes à ramasser à la pelle, des tournées qui drainent des foules partout… Klass en seulement 5 ans est l’un des groupes les plus courus du HMI. L’on déduit que le temps passe vite. Pour Richie, ce n’est que le début d’une aventure dont la longévité dépend de celle de l’amour du public. Une nouvelle tournée nationale avec 21 dates, une super fête ce jeudi à Ritz Kinam, des invités de marque, dont Kaï, Rusthelle Guillaume et Mikaben, 5 ans ça se fête !

Publié le 2017-08-09 | Le Nouvelliste

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Capotant un béret, des tatouages visibles sur les bras, pianotant par moments sur son smartphone, Richie a l’air d’un jeunet profitant de la vie. Quel que soit son âge, le compositeur garde l’esprit d’un jeune. Et pour cause, en 5 ans, il a su proposer à la musique haïtienne un groupe qui n’a de cesse de se porter à merveille. « Klass se porte bien tant sur le plan musical que sur le plan moral. Notre album sorti depuis un an est encore un must pour les mélomanes branchés », affirme-t-il.

Il explique que cette nouvelle tournée nationale qui va du 2 au 22 août a été pensée en raison de la fraîcheur encore palpable des deux premiers albums. Port-au-Prince, Saint-Marc, Arcahaie, Hinche, le Cap… au total 21 contrats à honorer. Selon le compositeur du groupe Klass, la réussite d’une tournée dépend de plusieurs facteurs. D’abord de l’endroit où le groupe séjourne. « L’hôtel doit être vraiment un cadre reposant, il y a aussi les conditions de voyage, le professionnalisme des promoteurs qui engagent le groupe, un son impeccable comme celui qu’offre D.J. Fanfan », confie le maître de Klass.

À l’inverse, ce qu’il y a de regrettable, c’est le micmac géographique dans la façon dont la tournée est montée. Par exemple, programmer le groupe aux Cayes, le lendemain à Fort-Liberté avant une autre affiche à La Gonâve. Des équipements de mauvaise qualité peuvent s’avérer aussi de vrais désagréments. Le public s’en rend compte facilement. Les aléas météorologiques sont également des imprévus déplorables.

Le tracklist est défini selon le bal. Pas question de resservir la même soupe à chaque fois. Il arrive que parfois des titres pas prévus pour tel bal sont réclamés à cor et à cri par le public. « Il faut préparer, dit-il, le maximum de chansons possible pour parer à de telles éventualités ». Un artiste, de l’aveu de Richie, ne doit sous-estimer aucune chanson sur un opus, car une fois qu’elle y est gravée, elle passe à la postérité. Elle n’appartient plus à l’interprète, mais au public. « Ça ne m’est jamais arrivé avec Klass, d’être pris au dépourvu dans de telles conditions, puisque toutes nos chansons sont des tubes. Nos albums sont pensés avec une portée scénique pour chacun des titres. Par le passé avec Zenglen, oui. Quand je préparais la tournée pour l’album avec Gracia, je misais beaucoup plus sur « Papa » que sur « Sucre salé ». J’estimais que ce n’était pas trop scène, c’était méconnaitre les goûts du public qui en demandait plus que « Papa » », raconte-t-il.

À son avis, le dernier album « Fèl ak tout kèw » autant que son prédécesseur « Fèl vini avan » encore de l’avenir devant lui. Il faut au moins 4 ans au produit pour perdre de sa chaleur. Dans sa lecture, le monde de la musique a beaucoup changé. Les gens achètent de moins en moins de disques, ils téléchargent les morceaux sur les diverses plateformes. La rentabilité d’un album ne repose que sur les prestations conçues autour de lui.

Par ailleurs, la concurrence ne lui fait pas peur. Bien au contraire, Richie pense qu’elle aide. « Quand il y a beaucoup de disques à consommer, déclare-t-il, par un même public, les chansons gardent leur fraîcheur plus longuement. S’il n’y a qu’un album qui marche, les gens s’en lasseront bien vite ».

Des morceaux qui l’ont marqué particulièrement durant ces 5 ans ? « Tous, répond-il, » Mais le texte qui lui a demandé un travail de titan demeure « Mizik sa a ». Parce que l’enjeu c’était de faire danser les gens, selon lui, sur un titre qui parle de la mort à une époque où tous les autres titres traitant du sujet étaient sur des mélodies mélancoliques.

Au public, dans le cadre de ces 5 ans, le maestro dit : « Merci, l’avenir du groupe dépend de votre fidélité. On continuera à vous servir. On est là pour ça. On se souhaite plus que 10 autres années. Pourquoi pas 20 autres ? »

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