Arrivée de Neymar au PSG

Le fisc français sourit déjà d’aise

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Publié le 2017-08-09 | Le Nouvelliste

Economie -

Le feuilleton de l’été a eu son épilogue : Neymar portera les couleurs du Paris St-Germain la saison 2017-2018. Lors de la conférence de presse du jeudi, l’attaquant brésilien, désormais ex-barcelonais, a confié vouloir relever un nouveau défi. Le samedi, en lever de rideau du match PSG-Amiens, il a été présenté au public du parc des Princes.

Pour compenser la sortie de la fabuleuse somme de deux cent vingt-deux millions d’euros qu’exigeait le FC Barcelone au titre de clause libératoire, déjà le PSG a mis en vente des maillots à l’effigie du joueur. Les connaisseurs prévoient un effet multiplicateur avec ce spectaculaire transfert. Il y aura plus d’affluence dans les stades où se joue la Ligue 1 ; des droits d’images on attend des recettes substancielles et j’en oublie.

Du côté des fans, on parle de Neymarmania, façon de décrire la maladie que provoque l’arrivée de cette très grosse pointure à Paris. Avec la Fédération française de football (FFF), il reste à régler un problème administratif (la FFF attend la réception du certificat de transfert), ce qui a empêché le joueur d’être aligné (ou de rentrer en cours de jeu) lors du premier match de championnat. Il n’a pu le suivrre que dans les travées.

J’ai été intéressé à savoir les avantages dont bénéficiera le joueur en déposant ses valises à Paris. Il touchera un salaire annuel net de 30 millions d’euros. Ce qui me fait dire que, dans le montage financier, le «net» met Neymar à l’abri des tracasseries de l’administration fiscale. À propos, on a aussitôt fait le rapprochement avec le ministère de l’Action et des Comptes publics. Son titulaire doit sourire d’aise puisque les rentrées fiscales découlant de l’évolution du joueur dans les rangs du PSG pendant cinq ans sont évaluées à cent millions d’euros.

En comparaison, François Musseau, correspondant de Radio France Internationale à Madrid, évoquait le 4 août de fâcheux précédents. Son papier peut être résumé ainsi : «En 2013, il n’y a pas eu de transparence lors du transfert de Neymar (du Santos FC) entre le Barça et les agents du joueur. Leonel Messi a été condamné à 21 mois de prison avec sursis pour évasion de 5 millions d’euros. Cristiano Ronaldo sera fixé sur son sort cette semaine. Il risque une peine de 5 ans de prison. Estimation : le triple de l’évasion fiscale de Messi pour droit d’images. Dans le transfert d’une star du football, il y a les intermédiaires, les avocats...» Et de conclure : «Le fisc espagnol est tatillon, agressif et exigeant.»

Effectivement, le fisc espagnol a mené l’enquête pour savoir s’il n’ya pas eu dissimulation de valeurs dans le transfert de Neymar en 2013. Fait pour lequel il risquait d’être poursuivi. Cette fois-ci, dans le montage financier le club parisien paiera les redevances fiscales du joueur. Le PSG est assuré des heureuses retombées de ce bon filon (de ce recrutement). Il n’en faut pas davantage pour me faire croire qu’aucun détail n’a été négligé dans la transaction inédite.

Le football, dans sa partie hautement commerciale, est devenu une affaire d’experts. Neymar peut dormir comme un loire le temps de son bail à Paris. Il lui reste à apprendre la langue française. Les fans ne comprendraient pas qu’il ne puisse prononcer quelques mots en français d’ici trois mois.

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