Les revendications salariales, signe d’un malaise social

Publié le 2017-08-03 | Le Nouvelliste

Editorial -

On ne compte plus les syndicats d’institutions publiques qui sont entrés en grève ces derniers mois pour exiger une augmentation ou un ajustement de salaire. Si le mouvement des ouvriers de la sous-traitance et celui des greffiers ont retenu l’attention, il y en a d’autres, pour de multiples raisons, qui ne mobilisent pas l’opinion publique. Ces mouvements de grève répétés dans l’administration publique et les manifestations dans le secteur de la sous-traitance, signe d’un malaise social, doivent attirer l’attention des autorités constituées et celle de nos élites. Rien ne dit que les travailleurs qui gardent le silence sont mieux lotis que ceux qui crient leur misère.

Ici, dans le secteur public comme dans le secteur privé, dans tous les corps de métier et presque dans tous les milieux, le constat est le même : les salaires sont trop bas. Ce problème est aggravé par l’absence des services sociaux de base et le non-accès au crédit. S’il est vrai que des efforts ont été faits ces dernières années pour garantir l’accès au crédit à un plus grand nombre de personnes, beaucoup reste encore à faire. La précarité salariale et le taux élevé du chômage y sont pour quelque chose. Rien ne montre que la situation va s’améliorer dans le court terme. De quoi augmenter chez les familles, les jeunes en particulier, la peur de l’avenir. Cette peur se traduit par le départ massif de nos jeunes – même avec diplômes en main - vers d’autres cieux plus cléments. Même avec la garantie de pouvoir rester six mois de plus aux Etats-Unis, des bénéficiaires du TPS préfèrent se réfugier au Canada pour être sûrs qu’ils ne seront pas renvoyés en Haïti. Preuve qu’ils ne voient pas leur avenir ni celui de leurs enfants ici.

L’image de nos compatriotes refoulés de la République dominicaine, les longues files d’attente des jeunes à l’aéroport Toussaint Louverture, les reportages sur nos frères et sœurs qui traversent les frontières canadiennes interpellent-ils nos dirigeants ? Nos élites se sentent-elles concernées ? Les réponses à ces questions ne doivent pas être dans les discours, mais dans une prise de conscience pour diriger le pays autrement. Cela exige une meilleure répartition de nos maigres ressources. Il faut aussi créer un climat qui peut attirer des investissements dans des secteurs porteurs. Car la réponse aux revendications salariales qui font écho ces derniers mois dans tous les secteurs est la création de richesses et une meilleure répartition de nos ressources. C’est à ce prix que les jeunes reprendront confiance dans l’avenir et les employés des secteurs public et privé cesseront de gagner un salaire de misère. C’est tout le contenu d’un nouveau contrat social.

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