Le Venezuela est dans l’œil du cyclone

Publié le 2017-08-02 | Le Nouvelliste

Société -

La République bolivarienne du Venezuela est assise sur un baril de poudre et les deux parties en conflit font semblant de ne rien comprendre. Le président Nicolas Maduro joue la provocation avec cette histoire d'assemblée constituante et l'opposition joue le pourrissement en comptant les points.

Entre-temps, le Venezuela, avec les premières réserves mondiales de pétrole, est à l'agonie et son économie sous respiration artificielle. Le régime chaviste a perdu une grande partie de son soutien populaire et le pays est plus que jamais divisé entre Maduro qui serre les boulons et l'opposition "jusqu'au-boutiste".

A y regarder de plus près, les leviers pour une résolution pacifique de la crise commencent à manquer:

1- L'Organisation des États américains (OEA) avec Luis Almagro comme secrétaire général est persona non grata au Palais de Miraflores à Caracas.

2- La CELAC (Communauté des États de l'Amérique latine et des Caraïbes) ne dispose pas de structure adéquate et, de toute manière, l'opposition n'en voudra pas.

3- Le Brésil de Michel Témer doit balayer devant sa porte avant de faire la leçon à Caracas et de fait, le Mercosur est hors jeu.

4- Le président Donald Trump et les Américains en général sont beaucoup trop proches de l'opposition pour être crédibles comme intermédiaires.

5- L'Église catholique ( tout au moins sa branche locale) a déjà un "parti pris" et donc ne peut pas jouer le rôle de médiateur.

6- Les médiateurs Leonel Fernández, Martin Erasto Torrijos et co n'ont pratiquement plus rien à proposer vu l'état de pourrissement de la situation.

Au final, en faisant bien le compte, il ne reste plus grand monde. A moins que les deux parties se trouvent subitement une raison de mettre le Venezuela au- dessus de tout et signent un accord politique de sortie de crise, ce sera à l'armée d'imposer une solution.

En parlant de solution, les militaires ne sont pas très bons en palabres et ne feront certainement pas bon ménage avec la démocratie. Il faut aussi rappeler qu'en cas de coup d'Etat, le Venezuela risque gros conformément à l’article 21 de la Charte démocratique interaméricaine qui précise et je cite: "Lorsque l'Assemblée générale, réunie en session extraordinaire, vérifie qu'il y a eu une interruption inconstitutionnelle de l'ordre démocratique dans un État membre et que les démarches diplomatiques se sont révélées infructueuses, à la lumière de la Charte de l'OEA, elle décidera de la suspension de l'exercice par cet État membre de son droit de participation à l'OEA, par le vote affirmatif des deux tiers des États membres. La suspension prend effet immédiatement".

Le Venezuela est dans l'impasse.

Fernando ESTIME Directeur de recherche à la L'Ouverture Institute for Diplomacy and Global Affairs, Professeur de Relations Internationales et d'Organisations Internationales, E-mail: fernandy19@hotmail.com www.facebook.com/estimefernando www.twitter Auteur

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