Quand Sow a Seed revient à Anse-du-Clerc

En dépit des conditions météorologiques pas toujours clémentes, l’organisation Sow a Seed a bouclé sa quatrième mission de deux jours à Anse-du-Clerc le 12 juillet. Une bonne partie de la population a bénéficié de consultations et de soins médicaux gratuits. Les femmes ont reçu des habits et des motocyclettes et les enfants des jouets. La population en gros a retrouvé le sourire tel que l’a souhaité Claudia Apaid, la numéro 1 de cette organisation haïtienne à but non lucratif.

Publié le 2017-07-14 | Le Nouvelliste

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Anse-du-Clerc est une véritable carte postale située à environ 30 minutes de l’aéroport de Jérémie. Après une pente abrupte derrière la ville de Bonbon, elle se laisse deviner avec son front de mer, l’embouchure d’une rivière, sa plage à l’eau turquoise et surtout les collines matinées de verdure. Les 13 000 habitants qui y vivent sont courtois, débonnaires et surtout disciplinés. On y croit encore aux histoires fabuleuses. A la vue de Claudia Apaid, la CEO de Sow a Seed, un pêcheur sur la plage crie « Men La Sirène diamant !»(Déesse de la mythologie vaudoue vivant dans la mer reconnaissable par ses longs cheveux). En dépit du fait qu'elle y soit venue 3 fois déjà, on continue à la considérer comme une Américaine. Cette organisation à but non lucratif est en effet à sa quatrième mission dans la zone qui a été sévèrement affectée par le cyclone Matthew. Durant la première, qui a eu lieu en mars, elle a muni plusieurs habitants en outillage agricole. En avril, une évaluation des besoins a donné lieu à une clinique mobile qui a été organisée à l’intention du grand public peu de temps après. Consultations, examens, médicaments ont été offerts gratuitement par des médecins de la capitale qui ont accompagné la délégation à titre de bénévole. Deux enfants ont été transportés en mai en avion à Port-au-Prince pour un suivi intensif qu’exigeaient leurs cas au centre hospitalier Sainte-Marie. Il s’agit d’une fillette dont les membres ont été démis suite à une chute et d’une autre atteinte d'une anémie falciforme. La deuxième continue à faire un aller-retour à Port-au-Prince toujours à la charge de Sow a Seed. Leurs mamans respectives Irlande Poulain et Marie-Josie Labranche sont venues témoigner leur reconnaissance ce 12 juillet à l’organisation. Ce mercredi, c’était le deuxième jour de la mission du mois de juillet. Les médecins, les Drs Geneviève Arty (pédiatre)et Patrick Jacques (gastro-entérologue), ont tenu pendant 2 jours une clinique. Au total, 500 personnes ont bénéficié des soins. Des auxiliaires et des infirmières de la zone se sont joints à cette grande mobilisation. Le Dr Jacques (responsable de médecine traditionnelle au MSPP) a expliqué que, dans des régions reculées comme Anse-du-Clerc, il convient de tenir compte de la médecine traditionnelle non seulement parce que les patients s’y attachent, mais aussi parce qu’elle leur est plus accessible que la médecine conventionnelle. Autres partenaires de cette mission, la Prophalab, qui a offert des médicaments et la Secom qui a assuré la logistique. Côté don, cette fois-ci ce sont les femmes et les enfants qui ont été gâtés. Les femmes ont reçu des habits et les enfants des jouets dont des bicyclettes, des poupées, des automobiles en miniature… Claudia explique qu’offrir des jouets aux enfants était une façon d’essayer de ramener le sourire dans ce coin où le désastre a beaucoup affecté le moral des enfants. Une maman prénommée Sabine ne tarit pas d’éloges à l’endroit des organisateurs. « Je ne pourrais jamais offrir à mon fils une bicyclette comme celle qu’il vient de recevoir de Sow a Seed à qui je dis merci. Je vais lui apprendre à pédaler », confie-t-elle, les yeux lumineux. Certaines femmes ont reçu des motocyclettes dans l’optique, selon la responsable de l’organisation, de leur permettre de répondre promptement à des urgences. « C’est le moyen de locomotion le plus pratique à Anse-du-Clerc qui n’est accessible que par un chemin abrupt et cahoteux », explique Claudia. A l’avenir, dans le but d’autonomiser ces femmes, elle entend leur apporter des appareils permettant de charger des téléphones et autres gadgets électroniques, les faire former à l’artisanat et à l’art. Parlant d’art, la CEO qui a été formé en design aux USA confie avoir été étonnée de découvrir des tableaux faits de fil et de clous suivant une manière propre à la zone. Elle envisage donc un projet d’initiation à cette sorte de peinture aux mères de famille. « Quand ces femmes, dit-elle, auront appris à les confectionner, je pourrai, à travers mes contacts dans le secteur privé et à l’étranger, faire la promotion de leurs œuvres dans le souci d’en faire une sorte d’industrie au bénéfice de leurs auteures.» Claudia a pris le soin de féliciter les habitants d’Anse-du-Clerc qui ont fait preuve d’une grande collaboration durant ces 2 jours de mission. Contrairement à d’autres contrées où des distributions ont été organisées, il n’y a pas eu besoin ni de la police encore moins de vigile pour assurer la sécurité. « Vous avez une vibration positive, une belle plage, de la verdure, de la positivité, ne la perdez pas.» C’est avec ces mots qu’elle a pris congé d’eux ce mercredi.

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