Jovenel Moïse fait le bilan de ses rencontres avec Mike Pence et la diaspora haïtienne de Floride

Le Président de la République est revenu ce dimanche de son voyage en Floride où il a, tour à tour, participé à une rencontre avec Mike Pence, le vice-président des États-Unis, et au sommet des affaires haitiano-américaines organisé par la chambre de commerce haïtiano-américaine de Floride. Avec Mike Pence, Jovenel Moïse indique avoir discuté d’immigration, de renforcement de la PNH par un appui aux gardes-côtes, la lutte contre la corruption etc.

Publié le 2017-06-19 | Le Nouvelliste

National -

Jovenel Moïse a donné un point de presse –le canal de communication de prédilection de sa présidence – pour faire le bilan de son séjour de trois jours en Floride. Au Salon diplomatique ce dimanche, le chef de l’Etat était accompagné de son chef de gouvernement, Jack Guy Lafontant, de son épouse Martine Moïse et aussi de son chef de cabinet, Wilson Laleau. Au cours de ce voyage, il a d’abord rencontré Mike Pence, le vice-président des États-Unis. Avec lui, le président indique avoir discuté d’immigration et de lutte contre la corruption. « Nous avons parlé du problème de l’immigration avec les 60 000 Haïtiens vivant avec une résidence temporaire aux Etats-Unis. Le point fondamental de cette rencontre a été la lutte contre la corruption. Nous avons besoin du support des États-Unis pour lutter contre ce fléau », a détaillé Jovenel Moïse, qui espère financer plusieurs chantiers de développement avec l’argent arraché des griffes de la corruption. Les deux hommes ont également évoqué l’appui de la République étoilée à la force de police haïtienne. « La question de la surveillance maritime est très importante. Haïti dispose des frontières maritimes extrêmement vastes notamment dans le Sud et le Sud-Est. Les États-Unis ont signé un accord avec les îles Turques et les Bahamas. Haïti est intéressée à y prendre part aussi. Ce qui permettra à nos gardes de mieux faire leur travail », a-t-il dit. Dans la foulée, il a promis qu’il serait alloué, dans le prochain budget, un montant qui permettra à des bateaux de s’approvisionner pour un mois afin de pouvoir s’occuper de cette surveillance. Au rayon de ses promesses pour ce secteur, il y a également une loi portant sur la réforme du Service maritime de navigation d’Haïti (SEMANAH). Le président de la République souligne avoir parlé d’aviation civile avec le vice-président américain. Jovenel Moïse a rencontré les Haïtiens de Little Haiti Le locataire du Palais national a également rencontré les ressortissants haïtiens de Little Haiti durant son voyage. Il était question pour lui de leur faire un bilan de ses quatre mois de présidence. Il s’est félicité d'ailleurs d’avoir résolu le problème des pièces d’identité par l’ouverture de plusieurs centres de réception et de livraison de ces documents. Il avait également abordé la nébuleuse question de l’insécurité et promis que le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) maîtrisera la situation. « Nous allons œuvrer à la mise sur pied de la cellule d’intelligence de la PNH. Sur la question de l’identification des motocyclettes, 326 000 plaques d’immatriculation sont déjà prêtes », a-t-il dit. Le président de la République indique, par ailleurs, avoir pris part, dans la soirée du samedi, au gala organisé par la Chambre de commerce haïtiano-américaine de Floride en son honneur. Dans sa lutte contre la corruption, Jovenel Moïse indique avoir promis à la diaspora de garantir la transparence au niveau des marchés publics. « À partir du mois d’octobre, dans le prochain budget, toutes les acquisitions que l’État devra faire seront publiées sur les adresses Web des ministères. Cela permettra aux entreprises de la diaspora de participer aussi à des appels d’offres », a-t-il fait savoir. Changement de paradigme dans la production d’énergie Le président a également discuté de la question de l’énergie avec les entrepreneurs de la Chambre de commerce haïtiano-américaine de Floride. Selon lui, il est inconcevable que notre besoin en énergie soit de 1 000 mégawatts alors que la capacité installée (public et privé) ne dépasse pas 290 mégawatts. « On ne produit que 25% de l’énergie dont on a besoin. D’où le problème du black-out. Nous avons déjà dit aux producteurs qu’il va falloir changer la matrice énergétique du pays. Dans les nouveaux partenariats, les producteurs devront nous fournir un courant produit par le vent, le gaz naturel, le soleil, l’eau, le vent ou la biomasse. Haïti ne produit pas de pétrole mais dispose du vent, du soleil, de rivières, etc. ». Le président a également insisté sur la nécessité de construire un réseau électrique national de 600 km afin de connecter les 16 grandes villes d’Haiti. À ce titre, Jovenel Moïse a pris en exemple le Nord-Ouest qui détient une capacité de production de 64 mégawatts d’énergie éolienne. « Le département a seulement besoin de 20 mégawatts. Le reste peut desservir les autres villes si le réseau est construit. Selon deux études que j’ai consultées, il y a un coût moyen de 250 millions de dollars pour 500 km de réseau haute tension et 4 100 km de réseau moyenne tension », a-t-il expliqué, soulignant avoir lancé une invitation aux entrepreneurs haïtiens. « Nous sommes prêts à construire les réseaux, soit par concession, soit par un partenariat public privé. »

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