Déjeuner sur l’herbe, au palais national

En prélude à la tenue de Livres en folie, dans les jardins du Mupanah les 15 et 16 juin, le président Jovenel Moïse a reçu, au Palais national, le mardi 13 juin, éditeurs et écrivains participant à cette grande foire du livre. Une première dans l’histoire de cet événement qui est déjà à sa 23e édition.

Publié le 2017-06-14 | Le Nouvelliste

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Palais national, mardi 13 juin 2017. Les tables rondes se touchent presque. Les invités sont endimanchés. Tout le monde, ceux qui ont bien voulu venir, est là en dépit du court délai entre l’invitation et le déjeuner : 24 heures. Tous, écrivains et éditeurs, ont bousculé leur agenda, reporté des rendez-vous. Le président de la République reçoit, et cela n’arrive pas tous les jours dans le petit monde des lettres. Ceux qui ont ramé à la petite cuillère pour devenir auteur, ceux qui ont économisé gourde après gourde pour s’offrir un tirage à compte d’auteur, de futurs grands noms de la littérature ou des idées haïtiennes, les organisateurs de la foire, banquiers et patrons de presse, conseillers du président et ministre, le secrétaire général du Caricom, tout le monde écoute avec attention. Aujourd’hui, on sent que la lecture et la littérature ont trouvé des supporteurs de taille. Les mets fument dans de grands plats chauffant exaltant fumet et chaleur. Il fait chaud et la bonne brise qui s’infiltre sous les tentes montées sur la partie est de la pelouse du défunt Palais national n’y peuvent rien. Mais l’heure est aux discours, pas encore au repas. Introduit par Lucien Jura, porte-parole de la présidence, Max Chauvet prend visiblement plaisir à présenter encore l’événement. Il remercie les partenaires de la foire, reparle des débuts de l’activité et du poids qu’elle a acquis au fil des éditions. Le directeur du quotidien Le Nouvelliste promet une 23e édition relativement festive qui fera du Champ de Mars une place culturelle où le livre sera le grand acteur, l’acteur principal. L'invité d’honneur, quand il prend la parole, raconte le miracle de sa vie. Le discours est émouvant. Simplement, Makenzy dit encore son histoire. Jeune enfant de Soray, un quartier populaire du sud de la capitale, il a fait du livre sa bouée de sauvetage, la planche de salut qui lui vaut d’être aujourd’hui un des personnages clés de la 23e édition de la plus grande foire du livre du pays aux cotés d’un autre illustre personnage, Odette Rouly Fombrun. La dame qui fête son centenaire en ce même jour n’est pas sur place. Mais, dans son intervention, le jeune écrivain lui fait une révérence. Le président de la République chante lui aussi les vertus du livre. « De tous les biens économiques dont nous nous servons dans notre vie quotidienne, le livre représente une catégorie particulière. Non qu’il soit préférable aux autres, mais son rôle va bien au-delà de la consommation quotidienne. Un livre n’est pas un bien périssable, il échappe à l’usure du temps. Certes ses pages jaunissent avec le temps, mais elles renferment toujours des traces de la sagesse des générations qui nous ont précédé », martèle Jovenel Moïse. Le chef de l’État rend hommage à tous nos écrivains, ceux du passé, ceux d’aujourd’hui. Il salue aussi l’initiative des jeunes auteurs. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour faire l’acquisition de tout le stock de quatre écrivains, les deux plus jeunes et les deux plus âgés. La rencontre prend fin sur une note festive. Après avoir fait honneur au buffet, les invités se réunissent autour du président pour une photo souvenir. Souvenir d’un jour heureux, pendant lequel le livre a été célébré et où les auteurs ont été traités comme les vedettes qu’ils sont.

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