Le Conseil supérieur des salaires a-t-il péché dans la gestion du temps ?

Publié le 2017-05-22 | Le Nouvelliste

Editorial -

La manifestation des ouvriers de la sous-traitance, vendredi, réclamant 800 gourdes comme salaire minimum a créé un vent de panique dans sur la capitale au moment où des industriels et le gouvernement misent pour attirer des investissements massifs dans le secteur de la sous-traitance pendant les cinq prochaines années. Ce mouvement des ouvriers arrive au moment où le Conseil supérieur des salaires (CSS) n’avait jusqu’au 1er mai rien proposé pour cette année. Ce retard enregistré au sein de cet organisme est à la base de cette situation confuse. Lundi, des ouvriers de la sous-traitance provenant des usines de Carrefour manifestaient dans la zone du Bicentenaire. En mai 2016, avec la hausse du taux de change où 1 dollar valait 65 gourdes, par arrêté présidentiel, le salaire minimum a été fixé à 300 gourdes. Cette hausse de 50 gourdes n’avait pas provoqué des remous au niveau du patronat. Depuis mai 2013, le Conseil supérieur des salaires a pris l’habitude, conformément à la loi de 2009, d’analyser les indices macroéconomiques afin de déterminer s’il y a lieu d’augmenter le salaire minimum. Cette année, le CSS n’a rien proposé en ce sens. Le ministère des Affaires sociales, jouissant de son pouvoir de tutelle, devait prévoir que le silence du CSS à l’occasion de la fête de l’Agriculture et du Travail pourrait provoquer une situation imprévisible. En mars dernier, lorsque 1 dolar valait 70 gourdes des syndicats avaient tiré la sonnette d’alarme compte tenu de la hausse des prix des produits de première nécessité. Ils réclamaient déjà une augmentation du salaire minimum. Comment calmer l’ardeur des syndicats par rapport à cette situation ? En sollicitant 800 gourdes par jour, les ouvriers mettent la barre très haut, de façon à jongler sur une probable augmentation. Le gouvernement et le patronat vont-ils laisser au CSS l’opportunité de jouer sa partition conformément à la loi. En raison des attentes des ouvriers, le CSS aura du pain sur la planche. Comment maintenir le salaire minimum à 300 gourdes après ces deux manifestations des ouvriers, qui réclament une augmentation de salaire, et surtout après l’augmentation des prix des produits pétroliers ? Il est certain que le représentant des syndicats va proposer une augmentation du salaire minimum et celui du patronat sera pour le maintien du statu quo. Du côté du gouvernement, quelle sera la position de son représentant ? Au moment où le gouvernement entreprend des démarches pour attirer des investissements dans ce secteur, est-ce qu’il peut proposer une augmentation du salaire minimum qui est à 300 gourdes ? Comment Jovenel Moïse va-t-il s’en sortir ?

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