Il faut un autre regard sur la profession d’enseignant

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

Editorial -

Plusieurs dizaines d’enseignants ont été honorés ce mercredi à l’occasion de la journée nationale des enseignants. Des cérémonies sont médiatisées, d’autres se sont déroulées dans l’anonymat, loin des objectifs des caméras et des micros des journalistes. Réserver une journée pour honorer nos enseignants est une bonne chose, surtout ceux qui ont consacré une bonne partie de leur vie à cette noble cause. Ce serait mieux d’honorer nos valeureux enseignants tous les jours. Nos enseignants, ces artisans de notre réussite, mènent souvent une vie de chien tant ils sont mal payés et exploités. Les mauvaises conditions de travail des enseignants poussent beaucoup de nos jeunes à rejeter toute idée de se voir dans une salle de classe en train de préparer la prochaine génération. D’autres, faute de mieux, s’y aventurent. Pour le malheur de beaucoup de nos enfants qui reçoivent une formation bâclée. Dieu seul sait combien de ceux qui enseignent à nos enfants n’ont ni la qualification ni la compétence pour exercer cette activité qui devrait être réservée à des têtes bien pleines et bien faites. Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, qui a la responsabilité de veiller à la qualité de la formation que reçoivent nos enfants, est visiblement dépassé par les événements. Il ne peut même pas garantir le bon fonctionnement des 20% des écoles du système qu’il détient. Qui se rappelle une année où il n’y ait pas eu grève dans les écoles publiques au cours des deux dernières décennies ? Même si l’État investit dans la formation de certains enseignants, il n'utilise pas toujours leur savoir-faire. Mieux vaut être l’ami d’un parlementaire pour être nommé enseignant dans le secteur public que d’avoir un diplôme en main. Nos autorités oublient que l’école et la politique ne font pas bon ménage. Le PSUGO nous l’a bien prouvé. Au moment d’honorer cette semaine des enseignants modèles, il faut en profiter pour jeter un nouveau regard sur la profession. L’État, à travers le ministère de l’Éducation nationale, doit donner le ton en accordant de meilleurs traitements aux enseignants des écoles publiques. Il faut trouver la bonne stratégie pour que des mercenaires cessent d’intégrer le système. Il revient à l’État de donner le ton au secteur privé de l’éducation. Nos enseignants, à tous les niveaux du système éducatif, doivent accomplir leur mission dans de meilleures conditions. Nos enfants, quelle que soit leur origine, doivent avoir accès à une éducation de qualité. Sans la valorisation de la profession d’enseignant, ces souhaits resteront des vœux pieux. Pour le malheur de notre chère Haïti, car tant vaut l’école, tant vaut la nation.

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