Agriculture/Alimentation

Vers la création du Front parlementaire contre la faim en Haïti

À l’initiative de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), s’est tenue, le mardi 16 mai 2017, une réunion de réflexion à l’hôtel Montana autour de la création d’un Front parlementaire contre la faim en Haïti. Cette structure vise à doter le pays de textes de loi aptes à éradiquer l’insécurité alimentaire touchant actuellement 3,5 millions d’Haïtiens et faire des plaidoyers en vue de l’application de ces lois.

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

Economie -

Cette rencontre, animée par l’ambassadrice spéciale « Faim Zéro » de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Guadalupe Valdez, a réuni autour des tables de réflexions, entre autres, des députés, notamment membres de la commission Agriculture et Sécurité alimentaire de la Chambre basse, et des responsables d’organisations de la société civile haïtienne. L’objectif poursuivi par la FAO est la création prochaine d’un Front parlementaire contre la faim en Haïti. Ce front, selon le président de la commission Agriculture et Sécurité alimentaire de la Chambre des députés, Tanis Tertius, aura pour mission de persuader les parlementaires de la nécessité de doter le pays d’outils légaux lui permettant de mieux lutter contre l’insécurité alimentaire. Outre ce caractère législatif, le Front parlementaire contre la faim jouera aussi le rôle d’instance de plaidoyer vis-à-vis de l’exécutif afin de mettre en œuvre des politiques sociales pour appliquer les prescrits de la loi. Déjà, Tanis Tertius projette de s’asseoir avec les membres de la commission Agriculture du Sénat en vue d’une sensibilisation à la nécessité de créer un tel front entre les parlementaires haïtiens. Sur ce point, le député de Thiotte et ancien président de la commission Agriculture à la Chambre basse, Vickerson Garnier, confie qu’« Haïti a encore des difficultés à mettre en œuvre une politique publique capable d’éradiquer l’insécurité alimentaire qui frappe 3,5 millions d’Haïtiens », et que si les diverses tendances politiques représentées au Parlement parviennent à parler d’une seule voix sur ce dossier, elles pourront mieux porter l’exécutif à agir contre l’insécurité alimentaire. Selon le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture en Haïti, Nathanaël Hishamunda, « le Front parlementaire contre la faim servira de plateforme inclusive et plus intégrée pour discuter et convenir sur les questions essentielles liées au droit à l’alimentation dans le pays dans la perspective d’allouer des ressources adéquates à la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques et des programmes relatifs à la sécurité alimentaire nutritionnelle, et de faciliter l’accès à une alimentation saine et adéquate, en vue d'éradiquer la faim et la malnutrition dans le pays ». Sous l’auspice de la FAO, 17 Fronts parlementaires contre la faim ont déjà été créés dans l'Amérique latine et les Caraïbes. À travers cette initiative, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture poursuit le « défi Faim Zéro » lancé par l’ONU en 2012 dans le but de promouvoir et de soutenir les efforts visant à éradiquer la faim dans le monde d’ici 2030.

Réagir à cet article