Moïse Jean Charles accorde une semaine à Jovenel Moïse pour revenir sur l'augmentation du prix du carburant

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

National -

Moïse Jean Charles lance les hostilités. Lui qui avait pourtant annoncé une trêve politique pour les 100 premiers jours du président Jovenel Moïse. C’est la décision d’augmenter les prix des produits pétroliers qui le fait sortir de ses gonds. Moïse Jean Charles considère la décision des autorités comme une attaque personnelle. « Nous n’avons pas voulu nous soulever. Mais c’est Jovenel qui a provoqué Pitit Dessalines», explique l’ancien sénateur dans une conférence de presse ce mardi. La dénonciation de l’augmentation du prix du carburant n’est pas trop tôt que ça, selon Moïse Jean Charles prévoyant les conséquences d’une telle décision. Il ne souhaite pas que sa démarche soit critiquée. Sachant que la gazoline, le diesel et le kérosène constituent des produits transversaux, il prévient que les « bourgeois» vont en profiter. « Boujwa yo pral pwofite pou yo pete fyèl malere», a lâché Moïse Jean Charles, qui n’est jamais tendre envers la classe possédante. Moïse Jean Charles, qui n’a jamais voulu que les syndicats négocient au nom de la population, s’en prend également à eux. « Ils ont bénéficié d’un milliard de gourdes pour l’achat d’autobus. Les prix des transports en commun ont été doublés en leur faveur», tonne Moïse Jean Charles. Il dément l’argument selon lequel le prix du carburant est plus cher en République dominicaine, ce qui explique que les camionneurs dominicains s’approvisionnent en Haïti. « Ce n’est pas vrai, peuple haïtien», a dit l’ancien maire de Milot. « La République dominicaine reçoit du Venezuela un carburant de meilleure qualité à 1.20 dollar alors qu’il nous le fournit 0.71 dollar», avance l’ancien sénateur dont la comparaison ne permet pas de mieux comprendre. Il a en outre rejeté l’information faisant croire que le coût du pétrole a connu une hausse sur le marché international. Moïse Jean Charles qualifie la décision du pouvoir en place de «criminelle». Il a lancé un ultimatum au chef de l’État. « Desizyon sa a, Jovenel pral gen yon semèn pou l bwèl», a-t-il déclaré sous des applaudissements de ses partisans. Si Jovenel Moïse ne revient pas sur cette décision, on peut déjà commencer à parler de sa « fin», menace le sénateur, qui se dit prêt à participer à la plus insignifiante des manifestations contre le pouvoir dès demain matin. À en croire le leader de Pitit Dessalines, s’il était à la place de Jovenel Moïse, il n’aurait jamais augmenté le prix des produits pétroliers en vue de trouver les ressources pour financer les actions de l’État. « C’est la décision la plus facile pour un président de droite qui ne réfléchit pas, surtout s’il s’agit d’un candidat qui avait reçu des tôles, de la farine et du riz», agace Moïse Jean Charles. Il pense qu’il aurait fait mieux en imposant des taxes sur les entreprises du secteur privé ou les contraindre à payer leurs dettes envers l’État haïtien.

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