La lutte des PVVIH sur tous les terrains

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

National -

En prélude au 18e mémorial sida à la chandelle qui aura lieu le dimanche 21 mai prochain, des personnes vivant avec le vih/sida, sous le leadership de l’Association des femmes haïtiennes infectées et affectées par le vih/sida (AFHIAVIH) ont gagné les rues, arborant des pancartes réclamant leur prise en charge par l’État haïtien. Juchés sur un soundtrak, véhicule muni de haut-parleurs, des jeunes lancent des slogans au micro qui appellent à la prise de conscience de celles et de ceux qui ont les leviers du pouvoir de l’État. Une forêt de pancartes portées par des marcheurs se lit comme des cris de détresse. Les mêmes slogans, depuis des années, reviennent tel un refrain. « Ce n’est pas possible ! Depuis 30 ans, tout en matière de lutte contre le vih/sida en Haïti repose sur le Blanc. Mais où est l’État haïtien ? Si le Blanc dit qu’il ne nous donne plus de médicaments, n'assure plus une prise en charge psychosociale, nos PVVIH vont mourir. Ce mardi 16 mai 2017, nous mêlons nos voix à celles de tous ceux-là qui viennent nous supporter pour porter la lutte plus loin », dit la présidente de l’AFHIAVIH, Malia Jean, marchant aux côtés de Liony Accelus, un vieux routier de la lutte et d’Esther Boucicaut qui vient de Saint-Marc. Première femme haïtienne à déclarer sa séropositivité au moment où la stigmatisation et la discrimination faisaient rage en Haïti et à travers le monde, Esther, à la tête de la Fondation Esther Boucicaut Stanislas (FEBS), gage qu’elle va soutenir les PVVIH jusqu’au bout. « Nous marchons vers le Parlement haïtien. Depuis 2008, nous avons soumis un projet de loi. Le document est resté sans suite », confie-t-elle. Les marcheurs brandissent des pancartes. Ils ont commencé à marcher depuis la rue Berne, passant par l’ave Magny, s’arrêtant au ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes. En face du ministère des Affaires sociales, ils ont fait entendre leurs cris. Devant le Palais national, ils ont porté un message à l’adresse de la première dame, Martine Moïse, la sollicitant de s’engager activement dans ce plaidoyer vu qu’elle affirme que le secteur de la santé est aussi l’un de ses centres d’intérêt. Déterminés, ces citoyennes et citoyens séropositifs ont compris que leur lutte ne doit pas se cantonner dans leur association et dans des structures de santé, qu'elle doit gagner tous les terrains. Des sénateurs en support aux PVVIH Au Parlement, le président de la Commission justice, sécurité et défense nationale, le sénateur Jean-Renel Sénatus et le vice-président du Sénat, Jean-Marie Junior Salomon, ont accueilli une délégation de PVVIH. Esther Boucicaut, en tant que doyenne de la lutte, a remis le document aux sénateurs tout en leur rappelant qu’en 2008, le même scénario a eu lieu. Le sénateur Sénatus a écouté Mme Stanislas et lui a fait savoir que c’est grâce à elle que Malia Jean, sa tante, est encore en vie. Dès lors, il l'a rassurée qu’il va pousser la commission Santé à se pencher sur ce dossier qui a trop traîné. Dans le même élan de confidence, Malia a ouvert une page sur une période sombre de son histoire. Quand elle était dans un état grabataire, son neveu lui a fourni ses premiers médicaments et n’avait pas peur de laisser son bébé d’un mois et demi dans son lit. Grâce au réconfort et à l’affection familiale, Malia a survécu et vie pleinement sa vie de séropositive. La lutte des PVVIH est sur tous les terrains. En prélude au mémorial sida célébré autour du thème « Men ansanm pou SIDA fini nan peyi n », les associations de PVVIH ont les yeux braqués sur le pouvoir législatif.

Réagir à cet article