Semaine de l’Europe

D’excellentes plaidoiries sur la question des droits de l’homme

La Semaine de l’Europe poursuit son chemin. Il a été question, le mardi 16 mai, de désigner un gagnant au concours de plaidoirie sur les droits de l’homme. Élèves, parents, membres d’organisation de défense des droits humains ont assisté avec passion aux brillantes prestations des participants au lycée Alexandre Dumas.

Publié le 2017-05-17 | Le Nouvelliste

National -

Parmi les 10 finalistes venus des meilleures écoles de Port-au-Prince, Isabelle Kersaint, élève de première au collège Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus, est sortie lauréate. Son speech, axé sur l’égalité de tous devant la loi, fait référence au pays. Au système judiciaire moribond. Au règne de l’impunité. Et aux abus de pouvoir quotidiens de nos chefs. Sa plaidoirie pourrait bien s’intituler « radiographie de la déliquescence », ou les « failles de l’État de droit en Haïti », tant les arguments indexaient l’irrespect des lois et des principes établis pour la bonne marche de la société. Ayant cité Honoré de Balzac, célèbre penseur français du XIXe siècle, pour commencer, jusqu’à ce qu'elle lève le poing en l’air à la fin, pas une seconde de sa plaidoirie n’a été rébarbative. Isabelle Kersaint, bonne maîtrise de son texte et de la langue, a livré une prestation surprenante. « Seuls les pompiers, policiers ou les ambulanciers, dans l’exercice de leurs fonctions, peuvent rouler en sens inverse d’après le code de la route. Mais chaque jour, nous sommes témoins que les voitures immatriculées Service de l’État ou Officiel violent ce principe. Si nous sommes une société qui ne condamne que les petits voleurs et laisse les concussionnaires et ceux qui piétinent la loi circuler en toute impunité, nous sommes loin d’être un État de droit », argue-t-elle, sourire aux lèvres, mesurant ses pas sur l’estrade. Excellente. Des arguments bien placés, des exemples qui illustrent tout à fait comment les principes, même élémentaires, sont bafoués par nos dirigeants et son appel à la mobilisation citoyenne pour les forcer à respecter la loi ont fait d’elle la gagnante parfaite cette année. Très émue avec son cadeau en main, mais assez lucide pour déclarer qu’elle en avait marre d’assister à ces spectacles de mauvais goût d’abus d’autorité dans les rues. Et « j’avais besoin d’un laptop », poursuit la gagnante, qu’elle y a mis du cœur pour réussir. Bien sûr avec le support de son père qui est avocat et du prof de français Patrice Dalencourt. Les autres mieux classés sont Amadine Jean-Louis de l’Institution des Sœurs du Sacré-Cœur, qui termine deuxième pour sa plaidoirie su le droit des enfants. Surtout le droit d’aller à l’école, car ils sont l’avenir du pays. En troisième position, se pointent Indy Nelson et Fedjine Celestin, respectivement élèves des collèges Catts Pressoir et Roger Anglade. Les autres participants sont : Jessica Joseph du Collège Saint-Louis de Bourdon, Sarah Rebecca Celidon du Collège des Oliviers, Christie Faldoni de l’Institution des Sœurs du Sacré- Cœur, Aynah Louissant et Dorine Baltazar du lycée Alexandre Dumas, Adinija Carl Elie Jose de Saint-Louis de Gonzague. Par ailleurs, une bonne partie de l’assistance estime que l’élève de philo Christie Faldoni de l’Institution des Sœurs du Sacré-Cœur méritait d’être parmi les vainqueurs tant sa plaidoirie sur l’intégration des personnes handicapées mettait l’accent sur les valeurs de certains handicapés et incitait au bannissement des comportements dédaigneux à leur égard. Mais le jury a trouvé fort excellent les performances et ne devait choisir que trois gagnants, nous livre Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH. Les critères de sélection : arguments, performances, références, et solutions, ont été tous respectés, a-t-il ajouté, sauf « qu’il a été difficile de départager d’aussi excellentes plaidoiries. »

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