Cuba 1976 : une mémorable étape sportive

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Publié le 2017-05-16 | Le Nouvelliste

Sport -

Il y a des moments spéciaux dans la carrière d’un athlète, d’un dirigeant ou d’un journaliste. Être au Mexique, en France ou au Canada vingt-cinq (25) ans avant la fin du XXe siècle, c’était en quelque sorte une formalité pour des sportifs de haut niveau, parce que certaines compétitions garantissent le déplacement des clubs et des sélections nationales d’un point à l’autre sur cette planète. Être à Cuba avant novembre 1976, c’était la concrétisation d’un rêve qui, diplomatiquement, se trouvait sur le banc des impossibilités, surtout pour les citoyens des pays du bloc OEA. Mais grâce au sport et aux éliminatoires de la Coupe du monde 1978, ce rêve s’est transformé en réalité pour les joueurs, les techniciens, les journalistes et les dirigeants faisant partie de la délégation haïtienne qui débarqua à La Havane au dernier trimestre de 1976. Parce que la sélection cubaine représentait la dernière étape des partenaires de Pierre Bayonne avant le Prémondial d’octobre 1977 au Mexique. Le temps s’écoulait lentement pour la troupe bicolore à quelques pas du match aller Cuba-Haïti au stade national de La Havane. Faire du tourisme dans la capitale cubaine en 1976, c’était une ballade de privillégiés, dans la mesure où les Caribéens et les Latino-Américains, en majorité, ne pouvaient toucher le sol cubain au cours de cette période. Le sport étant allergique à n’importe quelle forme d’exclusion, la troupe sportive haïtienne, à la faveur des examens concacafiens sur le circuit Argentine 78, a passé une semaine sur la terre adoptive du révolutionnaire Ernesto Che Guevara, tombé en Bolivie les armes à la main en 1967. Puisque les Cubains n’ont pas marchandé leur sourire et leur générosité pour nous offrir l’agréable et le confortable, les Haïtiens ont connu des moments inoubliables à La Havane. Partout, nous avions été gâtés par nos hôtes. Pendant une conférence dans un centre culturel, un professeur cubain de sciences sociales nous a appris beaucoup de choses au sujet de l’Histoire d’Haïti. Comme d’autres Latino-Américains et Caraïbéens, ce professeur cubain, marxiste et castriste, est un admirateur d’Alexandre Pétion. À Matanzas, une agglomération de La Havane, nous avions visité des fermes agricoles, plusieurs zones exclusivement consacrées à la culture de la canne à sucre notamment, l’une des principales richesses de Cuba. Mais le sommet de ces journées touristiques de la délégation sportive haïtienne au pays de Fidel, c’était la visite à Playa Larga (Baie des cochons), l’une des fiertés du peuple cubain au niveau touristique. Beaucoup d’Haïtiens savent pourquoi…

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