Makenzy Orcel, en vedette chez les sœurs

Livres en folie Infatigable Makenzy Orcel. Samedi 13 mai, il signe à la Pléïade. Le professeur Mehdi Chalmers met en lumière les pages de ce coïnvité d'honneur à la 23e édition de Livres en folie. Des comédiens partagent des extraits de ces plus beaux morceaux littéraires. Vendredi 12 mai, l'homme qui n'a pas le don d'ubiquité partage ses expériences d'écrivain avec des jeunes. On le retrouve à la Bibliothèque nationale parmi des écoliers curieux de savoir qui est ce jeune homme qui pratique le métier d'écrivain. Même appétit curieux chez le public de la FOKAL. Chez les soeurs de Bourdon et du Sacré-Coeur, c'est un leader, une vedette saluée par des applaudissements nourris qu’on accueille.

Publié le 2017-05-15 | Le Nouvelliste

Culture -

Il a suffi que Dieulermesson Petit-Frère annonce Makenzy Orcel pour que des hourras s’élèvent du gradin de l’Institution du Sacré-Cœur (ISC). Orcel, auréolé de cinq prix littéraires, Orcel, coïnvité d’honneur à Livres en folie, était une grande attraction pour les élèves du Sacré-Cœur, à Turgeau, qui accueillaient la foire de l’Agence magique des enfants. Debout derrière un pupitre installé sur un terrain de basket-ball, l’écrivain, qui revenait tout juste d'une conférence au collège Saint-Louis de Bourdon, dans le cadre de Livres en folie, prenait la parole, racontant son aventure littéraire depuis « La Douleur de l’étreinte », texte paru chez Deschamps en 2007. À travers ses morceaux, les critiques dans les médias et les lecteurs avisés décelaient déjà les pépites littéraires dans son recueil. Il récidivera avec « Sans Ailleurs », Arche Collectif, 2009, puis « A l’Aube des traversées et autres poèmes » en 2010. La poésie sera la marque de cet auteur, la santé de ses pages romanesques. Les mêmes questions classiques étaient posées à l’auteur de « Les Immortelles et de « « L’Ombre animale » partout où il est passé, ce vendredi. Avec son cahier de rencontres très chargé, il devait passer un moment à la Bibliothèque nationale et à la Fondation culture et liberté. N’ayant pas le don d’ubiquité, il devait gérer rationnellement le temps de l’horloge. Les élèves du collège Saint-Louis de Bourbon comme celles du Sacré-Coeur voulaient savoir si ce jeune homme qui habitait le quartier de Martissant était prédestiné à l’écriture. Comment pouvait-il obtenir autant de prix et partager la gloire de coïnvité d’honneur au même titre que notre trésor national, Odette Roy Fombrun, qui sera centenaire le 13 juin prochain ? La grâce de l’inspiration Makenzy Orcel a fait savoir que le talent ne suffit pas pour se tailler une place d’écrivain dans le ciel de la littérature. Comme Lyonel Trouillot, comme Kettly Mars, autant que Gary Victor, il voulait créer un monde sans les concurrencer. Un lieu commun veut que le ciel soit vaste pour tout le monde. « Men syèl la pa piyay ». Le ciel s’ouvre à l’élu, à celui qui est allé jusqu’au bout de lui-même. Celui qui n’a pas tout donné n’a rien donné, dit le sage. Le salut étant personnel, Orcel a travaillé avec acharnement. Beaucoup de sueur et aussi la grâce de l’inspiration. Informées, les écolières connaissent les titres de ses livres. Même celles qui n’ont pas encore exploré l’univers de l’invité d’honneur à Livres en folie, les 15 et 16 juin prochains peuvent les énumérer. Orcel a remporté plusieurs prix. L’Ombre animale a raflé en 2016 quatre distinctions : Prix Littérature-monde, prix Louis Guilloux, prix Ethiophile, prix Caraïbes de l’ADELF. Et pour les Immortelles, paru chez Mémoire d'Encrier, 2010, le prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres. Orcel, qui se consacre désormais à la littérature, s’est senti heureux devant autant de monde qui l’attendait dans cette foire du livre. C’est un grand bonheur pour ce jeune écrivain installé à Paris de retrouver les siens dans la chaleur tropicale. C3 éditions, Legs éditions, les éditions du Canapé-Vert, les éditions du Centre universitaire Caraïbes, Librairie du succès, étaient alignées sur la piste envahie d’élèves qui écoutaient la vedette du jour. Kettly Mars, auteure très admirée que les écoliers attendaient impatiemment, a entretenu pendant quarante-cinq minutes ces jeunes filles assoiffées de littérature. Elle a capté ce courant de sympathie. Elle a dit aux filles qu’elles sont belles, les a invitées à cultiver cette beauté. Elle leur a encore dit que cette chaleur retrouvée dans cette enceinte est plus importante que tous les prix reçus ici et ailleurs. En effet, en1996, elle a reçu le prix Jacques Stephen Alexis de la nouvelle, pour « Soleils Contraires ». Et en 2006, elle obtient le prix Senghor de la création littéraire, pour « L'Heure hybride ». Pour l’auteure de « Kool-Klub », feuilleton à succès publié dans Ticket Magazine et paru sous forme de roman-feuilleton sous les presses de L'Imprimeur II, il en pleuvait des questions. Généreuse, Kettly Mars se laissait aller à cet exercice de questions/réponses. Une à une, les élèves de l’ISC défilaient. Certaines voulaient savoir davantage sur « Aux Frontières de la soif » (Paris, Mercure, 2013.) Curieuses, elles cherchaient à comprendre d’où venait l’inspiration de Fado (Paris: Mercure, 2008), un roman à succès. Quelques enfants parmi eux ont confié, après avoir entendu les deux auteurs, qu’ils vont tenter l’exercice de l’écriture qui semble si fascinant. À propos d’exercices d’écriture, le professeur Wébert Lahens a animé un atelier sur le thème « Comment lire, Comment changer sa vie à partir de la lecture? » en insistant sur un seul point : lire peu, aller à l’essentiel. Teddy Kesser Mombrun, dit Alain Possible, venu après la messe, n’est pas passé inaperçu. Les filles l’ont accueilli dès l’entrée. Leur chaleur était contagieuse, avoue le bdéiste. Dans les salles de classe, Romane Démosthène et Mardoché Wibenstein Mathieu, deux dessinateurs, ont animé un atelier de dessins pour les enfants ; les animatrices de la FOKAL et de Legs éditions racontaient des histoires qui tenaient en éveil les enfants. Tania Tranquille qui vient de sortir chez Legs éditions « Les petits souliers rouges », prenait aussi la voie de l’imaginaire avec ce petit monde enchanté. Nathalie Adam Carmant, l’organisatrice de la journée aux côtés de la directrice de l'ISC, soeur Nadige Jean-Charles, s’est félicitée de cette journée qui a permis aux élèves et aux parents de s’approvisionner en livres à la table de quelques maisons d’édition que l’on retrouvera les 15 et 16 juin, à Livres en folie. Cette jeune femme dynamique, formée à l’école de Le Nouvelliste, poursuit, avec l’Agence magique, sa caravane du livre qui la conduira, les 18 et 19 mai 2017, à SOS Village d’enfants aux Cayes.

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