Le juteux métier d’enseignant- syndicaliste

Publié le 2017-05-09 | Le Nouvelliste

Editorial -

La grève de deux jours lancée par les syndicats d’enseignants au début de cette semaine a perturbé des établissements scolaires publics dans la plupart des régions du pays. Des élèves de différentes écoles publiques ont manifesté dans les rues de la capitale et des villes de province appelant le ministère à trouver une solution au problème des enseignants. Après le passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016, qui avait paralysé les activités scolaires pendant une semaine dans les départements les moins affectés, est-il vraiment opportun pour un syndicat d’enseignants de recourir à la grève à quelques semaines de la fin de l’année scolaire ? S’agit-il d’un signal lancé pour forcer le ministre à négocier ou une stratégie pour perturber la fin de l’année scolaire ? Comme à l’accoutumée, depuis une vingtaine d’années, les écoles publiques subissent régulièrement les affres de ces syndicats au nom de la défense des droits des enseignants. Quand ce n’est pas un syndicat d’enseignants qui motive une grève, c’est un groupe qui prend le leadership de ce mouvement pour clouer au pilori le ministre ou le gouvernement tout entier. Pour les deux journées de grève, les revendications sont les mêmes. Le problème d’arriérés de salaire au niveau de ce ministère ne sera pas résolu tant que les parlementaires n’auront pas cessé de solliciter des lettres d’autorisation auprès des directions départementales du ministère pour faciliter l’intégration de leurs proches. Les syndicats d’enseignants ne sont pas en reste dans cette pratique que le ministère n’arrive pas à freiner. Depuis dix ans, mis à part la CNEH, aucun syndicat d’enseignants ne s’est prononcé sur la débâcle des résultats des lycées aux examens du bac. L’absence répétée des enseignants dans les écoles publiques ne constitue pas une priorité pour la plupart des syndicats d’enseignants. Chaque année, les syndicats d’enseignants contribuent à réduire le nombre de jours de classe dans les écoles publiques en raison de grèves de toutes sortes. De six syndicats au début des années 2000, aujourd’hui, on enregistre une vingtaine. Qu’est-ce qui provoque le pullulement de syndicats d’enseignants dans la région métropolitaine ? La grève dans les écoles publiques devient-elle la principale activité des syndicats ? Il n’est un secret pour personne que les différents ministres de l’Education qui se sont succédé pendant ces quinze dernières années avaient l’habitude d’octroyer des subventions aux syndicats d’enseignants de façon régulière. La nouvelle gestion de la rubrique subvention par les nouvelles autorités du pouvoir a-t-elle un rapport de cause à effet avec l’appel à la grève des enseignants ? Moins de deux mois à la tête du ministère de l’Education nationale, le nouveau titulaire pourra-t-il calmer l’ardeur de ces enseignants-syndicalistes ?

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