La protection de l’environnement exige plus que des mesures cosmétiques

Publié le 2017-04-27 | Le Nouvelliste

Editorial -

La protection de l’environnement exige plus que des mesures cosmétiques. Notre environnement est à un niveau de dégradation avancée. Quelques gouttes de pluie suffisent pour provoquer des inondations. Nous sommes devenus vulnérables au point que chaque pluie – diluvienne ou non – est comme une catastrophe traînant son cortège de morts, de blessés, de disparus et de dégâts matériels. Comme si l’étiquette de pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental ne suffisait pas, nous nous construisons la triste réputation d’être parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Oui, nous sommes vulnérables au changement climatique, mais nous payons surtout le prix de notre mauvaise gestion environnementale. La création du ministère de l’Environnement, depuis près de 20, ans n’a pas changé la donne. Chaque goutte de pluie est une catastrophe de plus. Si hier, chez nous, la pluie était un motif de joie, aujourd’hui elle est source d’inquiétude. Les inondations dans plusieurs communes du département du Sud au cours du week-end écoulé sont juste une piqûre de rappel. Comme après chaque catastrophe, les autorités se sont rendues sur les lieux. Et après ? En matière environnementale, il y a péril en la demeure. Il y a urgence de réhabiliter les bassins versants, de réguler les constructions, de trouver des alternatives au charbon de bois ou encore de diminuer son poids dans l’énergie pour la cuisson, et de mieux gérer les déchets. Le refus de nous mettre au travail nous condamnera à verser des larmes de crocodile à chaque pluie. Plus encore, nous allons continuer à construire des infrastructures pendant la saison sèche pour être détruites en saison pluvieuse. Avec un Parlement acquis à sa cause, une opposition effacée et une communauté internationale qui la soutient encore, l’administration Moïse/Lafontant a les mains libres pour aller au-delà du folklore en matière de gestion environnementale. C’est d’ailleurs un minimum pour une administration qui ambitionne de relancer l’agriculture. Il n’y a pas de solution miracle en ce qui concerne la réhabilitation de l’environnement. Cela exige l’application de la loi, des règlements, des procédures et une vision. Le processus doit aussi impliquer les citoyens. Le gouvernement doit cependant donner le ton pour que les autres secteurs de la vie nationale puissent s’y impliquer. Cela exige que chaque centime de nos maigres ressources soit investi dans des actions durables. Haïti a le devoir de divorcer avec la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics et le financement des programmes farfelus en vue de trouver de quoi investir dans l’avenir. L’administration Moïse/Lafontant a le choix entre prendre des mesures impopulaires pour sauver des vies et protéger les investissements publics et privés ou poursuivre la politique de laisser faire pour continuer de constater des pertes en vies humaines et des dégâts matériels à chaque goutte de pluie. Dans ce cas, le bon choix est à faire.

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