Le taux de change en peu de mots

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Publié le 2017-06-02 | Le Nouvelliste

Economie -

Il s’agit de mettre en évidence la division du taux de change, plus clairement d’opérer la distinction entre taux de change réel et taux d’échange effectif. A priori, la nuance n’est pas visible. Jean Denizet essaie d’éclairer notre lanterne : « Taux de change réel – On cote sur les marchés de change uniquement des taux de change bilatéraux. Ce sont ces cotations que publie la presse. Les statisticiens ont élaboré, à partir de cette information de base, deux concepts ou constructions statistiques (...). D’abord, le concept de taux de change effectif : c’est la moyenne des taux de change bilatéraux d’une monnaie contre toutes les autres ; cette moyenne est pondérée par les parts de commerce extérieur du pays considéré avec ses principaux partenaires. Du taux de change effectif (moyenne pondérée des taux de change effectif corrigé par les différences des taux de change bilatéraux), on passe au taux de change effectif réel : celui-ci est le taux d’inflation, positif ou négatif, avec les mêmes partenaires, pondéré de la même façon» (note au bas de la page 38, in Le dollar de Jean Denizet). Avec une démonstration algébrique, le raisonnement de Jean Denizet serait plus clair. Dans la moyenne pondérée, par exemple, on fait intervenir deux variables : prix par quantité. Ici, l’auteur de l’essai historique « Le dollar» tient compte, disons d’un point de vue théorique, de deux variables : commerce extérieur et inflation. Pour déterminer le taux de change qui, rappelons-le, est le prix d’une monnaie par rapport à d’autres monnaies, il faut considérer les parts de commerce extérieur, c’est-à-dire la balance commerciale favorable ou positive ou encore croissante. Donc, quand les exportations sont supérieures aux importations, cela entraîne une rentrée supplémentaire de devises (mouvements internationaux de capitaux). De plus, l’inflation, soit le niveau général des prix, affaiblit le pouvoir d’achat des ménages ou de l’agent économique. Jean Denizet semble suggérer que le taux de change réel doit être épuré par les variations des prix à la consommation. En tout cas, on est parti du taux de change pour distinguer le taux de change réel, et culminer en taux de change réel effectif. Réel et effectif, soit dit en passant, sont bonnet blanc et blanc bonnet.

Jean-Claude Boyer Mercredi 22 mars 2017 Auteur

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