L’affaire de la traite des personnes à Kaliko Beach n'est pas encore terminée

Le Comité national de la lutte contre la traite des personnes (CNLTP) condamne énergiquement la libération de 9 présumés trafiquants qui avaient été arrêtés le 5 février dernier à Kaliko Beach. Afin de faire la lumière sur cette affaire, l'organisme exige qu’une commission d’enquête soit créée au Parlement haïtien.

Publié le 2017-03-17 | Le Nouvelliste

National -

« C’est inacceptable que des prévenus impliqués dans la traite de personnes puissent aussi facilement échapper à la justice. Ce qui s’est passé dans le dossier de Kaliko Beach est inquiétant. Les trafiquants ont été pris en flagrant délit d’exploitation sexuelle sur des mineures. Les victimes méritent que justice leur soit rendue », a lancé M. Jean Thomas Philippe, membre du CNLTP, avant d’ajouter que la population haïtienne a besoin de comprendre comment des crimes aussi horribles peuvent rester impunis. Le président du CNLTP, Dr. Ely Thélot, a sollicité le soutien du gouvernement, celui du Parlement et de la communauté internationale pour lutter contre la traite des personnes en Haïti. « Ce fléau devrait figurer parmi les priorités de la nouvelle administration. Nous demandons au Parlement haïtien de mener une enquête formelle sur ce qui s’est passé à Kaliko Beach et sur les circonstances dans lesquelles les trafiquants ont été libérés », recommande M. Thélot. Le 5 février dernier, la Police nationale d’Haïti, suite à une filature menée sur une période de deux mois par la Brigade de protection des mineurs (BPM), avait procédé à l’arrestation de 9 présumés trafiquants et libéré 31 jeunes villes dont 14 mineurs à Kaliko Beach. « Après l’audition, le Parquet de Port-au- Prince estime que ces gens n’ont rien avoir avec la traite des personnes. Pour cette raison, ils ont été libérés », a précisé Me. Danton Léger avant d’annoncer des mandats de comparution contre des responsables de Kaliko Beach, Fritz Paret et Vincent Departie, afin d’approfondir le dossier. Par ailleurs, présent aussi dans la salle de conférence, la voix soudaine de Samy Zuraik a retenti. « Ce n’est pas la vraie version. J’ai entendu dire qu’on avait trouvé des jeunes filles en pleine action à Kaliko. Dire que les trafiquants ont été pris en flagrant délit d’exploitation sexuelle sur les mineurs à Kaliko, c’est absolument faux ! En plus, nous n’étions pas au courant qu’il s’agissait de la traite des personnes », a déclaré l’ancien propriétaire de Kaliko Beach, Samy Zuraik, au terme de la conférence de presse du CNLTP.

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