Pas facile le travail d’un ministre de l’Économie et des Finances, selon Bastien

Le ministre sortant de l’Économie et des Finances, Yves Romain Bastien, dans une interview accordée à une station de radio de la capitale, a campé le travail d’un titulaire du MEF. Pour lui, le ministre est celui, de la base au sommet, qui travaille le plus audit ministère. Il conseille le prochain ministre et en appelle à la modernisation de ce ministère.

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

Economie -

Le travail d’un ministre de l’Économie et des Finances est exténuant, selon le titulaire sortant de l’Économie et des Finances. Yves Romain Bastien explique que c’est un ministère où le système hiérarchique de prise de décisions doit changer. « Le ministre a trop de travail à exécuter au ministère, a-t-il affirmé. Il est celui qui, de la base au sommet, travaille le plus au ministère ». M. Bastien a expliqué qu’un ministre de l’Économie et des Finances signe plus de 600 documents par jour. « Imagine qu’un ministre de l’Économie et des Finances se signe des chèques de 10 000 gourdes », a-t-il indiqué, regrettant que la structure du ministère impose un trop lourd travail à son titulaire. Le ministre Bastien plaide pour la modernisation de ce ministère. Il croit qu’un ministre de l’Économie et des Finances doit avoir quelqu’un pouvant l’aider à assumer certaines décisions. « On doit changer cette situation qui doit donner pouvoir à quelqu’un dans le système pour l’aider à faire ce travail », a proposé le ministre, faisant savoir qu’un ministre de l’Économie et des Finances ne peut pas se permettre de prendre une journée de congé sans le risque d’avoir un lot de travail trop lourd. Le ministre sortant a indiqué qu’au lieu d'être celui qui fait tout le boulot, il devrait être celui qui fait faire le boulot. À titre de conseil, Yves Romain Bastien a indiqué au prochain titulaire du MEF d'éviter de faire tout seul le travail. « Il y a des jeunes très compétents et des anciens qui ont d’énormes capacités au ministère. Si on met tout le monde ensemble, il n’y aura pas de problèmes insolvables », a fait savoir M. Bastien, souhaitant que le nouveau titulaire du MEF ait des marges de manœuvre pour agir librement. Il a fait savoir que le ministre court de graves risques de ne jamais avoir de décharge. Il a souligné que cela peut entraver la vie politique du ministre, car la décharge devient, selon lui, une arme politique. Le grand argentier de la nation dit partir avec le regret de ne pas avoir modernisé le ministère. Il a toutefois fait savoir que la subvention est la plus grande gangrène de l’administration publique. « Quand on est au MEF, on reçoit un flot de demandes de subvention, qu’il faut analyser chaque jour », a fait remarquer M. Bastien, admettant qu'il n’a pas été populaire au ministère. « Je n’ai pas beaucoup de fanatiques au MEF. Car depuis mon arrivée, les salaires des employés n’ont pas augmenté en raison du manque de ressources», a-t-il fait savoir. Arrivé dès 8h du matin à son bureau pour partir généralement après 9h p.m. le ministre sortant de l’Économie et des Finances, qui s’est exprimé le mois dernier sur les ondes de radio Métropole, prendra peut-être de longues vacances à l’arrivée de son successeur. M. Yves Romain Bastien dit compter rédiger un ouvrage pour exprimer sa riche expérience…

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