Journée internationale/Célébration

Appel à une coalition pour protéger les consommateurs

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

Economie -

À l’occasion de la Journée internationale du consommateur, l’Institut haïtien de protection des consommateurs (IHPC) lance un appel à l’exécutif, au Parlement et à la société civile et même aux organisations de défense des droits humains de se joindre au mouvement consumériste afin de former un faisceau en vue de changer la donne en Haïti. Par l’information, la formation et en créant une dynamique proactive, l’IHPC veut doter le pays d’une loi qui protège les consommateurs contre des abus de toutes sortes. « Que l’on soit commerçant, industriel, riche ou pauvre, nous sommes tous des consommateurs à un moment ou à un autre », a rappelé le coordonnateur de l’IHPC, Webenson Desgraves, en marge d’une conférence de presse, ce mercredi 15 mars 2017, à Port-au-Prince. Pour lui, la dynamique de protection des consommateurs ne tient aucunement compte de la couleur de l’épiderme ou de la catégorie socioprofessionnelle. La consommation, dit-il, est liée même à l’existence. « Consumo, ergo sum », Je consomme, donc je suis, ajoute-t-il en paraphrasant un adage latin. Devant le laisser-faire pratiqué dans le commerce des biens et des services, l’IHPC invite la population haïtienne à se réveiller pour défendre ses droits. « Nous voulons dire tout haut ce que les gens pensent tout bas au sein de la société », a déclaré Desgraves. Il a fait part que l’IHPC constate que l’Etat, la société civile ne sont pas forcément sensibles à des manquements dans le domaine de la consommation dans le pays. « Il est inacceptable de voir certains produits sur les étalages sans la moindre indication. Sans le savoir peut-être les consommateurs courent des risques liés à leur santé». Quant aux problèmes auxquels sont confrontés les consommateurs haïtiens dans leur quotidien, le panorama qui s'offre aux yeux de l'individu doté d'un réflexe consumériste même des plus sommaires est déconcertant. « Les problèmes sont d'une acuité telle qu'il paraît difficile d'y apporter des solutions simples ou classiques », a constaté Guiteau François, chargé des relations publiques à l’IHPC. Ce dernier indexe l'état d'insalubrité de nos marchés publics, les transports en commun, la surfacturation des services de téléphonie mobile. Comme la liste ne suffit pas, Guiteau François dénonce la fixation abusive des prix des produits consommables, leur emballage et leur conservation, le contrôle de qualité, les problèmes liés à l'importation et à la contrefaçon des produits de première nécessité, la publicité mensongère, les médicaments et les alcools empoisonnés, la dégradation de l'environnement, le problème de l'eau potable. À ses yeux, tout cela constitue autant de maux et de violations des droits des consommateurs qui peuvent justifier une action concertée pour leur protection et leur défense. La Journée internationale des droits du consommateur, célébrée le 15 mars de chaque année, trouve son origine dans la déclaration de l’ancien président des Etats-Unis d’Amérique, John F. Kennedy, lorsqu’il avait parlé de quatre droits fondamentaux du consommateur, à savoir le droit à la sécurité, le droit à l’information, le droit de choisir, le droit d’être entendu. La Fédération mondiale des consommateurs, Consumers International, a par la suite complété cette liste en ajoutant quatre autres droits : le droit à la satisfaction des besoins essentiels, le droit à la réparation, le droit à l’éducation du consommateur, le droit à un environnement sain.

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