L’histoire d'Haïti vue au travers d'une soupe au giraumon

Durant la 34e édition du Miami Film Festival, pas moins de six films avaient rapport avec Haïti. « Liberty in a soup », réalisé par le jeune Haïtien Dudley Alexis, était de ceux-là.

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

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Fruit d’un travail qui a commencé depuis 2012, « Liberty in a soup » met en vedette une jeune actrice, Karenne Cadet. Originaire des Gonaïves, celle qui vit en Haïti a fait le déplacement pour ce grand moment. « J’ai déjà fait du théâtre, mais c’est ma première fois au cinéma. Je joue dans ce film et c’est une fierté de représenter mon pays. D’ailleurs, je ressens une immense joie à chaque fois que l’opportunité de parler de mon pays m’est offerte. Je ne suis pas une experte mais le peu que j’ai appris à l’école et de ma famille m’a donné envie de transmettre tout ça. C’est la raison pour laquelle j’ai aussitôt accepté quand Dudley m’a proposé de jouer dans ce film. C’est avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis attelée à dire ce que Gonaïves, cité de l’indépendance, représentait à mes yeux », raconte toute excitée la jeune actrice. « J’ai hâte de voir la réaction des gens, de ceux qui ont quitté « lakay » depuis bien trop longtemps, qui se reconnaîtront à travers moi, qui auront ce sentiment d’appartenance, j’ai hâte de voir ça », a-t-elle ajouté. Le réalisateur est tout aussi enthousiaste à propos de ce projet. Dudley Alexis, qui vit à Miami depuis 1999, a voulu explorer l’histoire haïtienne, la culture à travers la fameuse « soup joumou ». La soupe au giraumon, ce plat traditionnel qui accompagne immanquablement la célébration de la fête de l’indépendance d’Haïti tous les 1er janvier n’est pas qu’une simple soupe. « À mes yeux cette soupe représente la famille, la liberté. Elle symbolise notre long combat pour l’indépendance », explique-t-il. Bref, tout un pan de notre histoire. Malgré le manque de fonds disponibles, Dudley a tenu à concrétiser ce projet. La grande première de ce film de 70 mns a eu lieu au Festival international du film de Santa Barbara en 2016. Et ce 7 mars, il était projeté au MDC Movie Theater dans le cadre du Miami Film festival. « Il est vrai qu'on est de la diaspora mais nous portons Haïti au monde, nous leur disons qui nous sommes. Il est bien que ce soit nous-mêmes qui parlons de nous. Ce n’est pas aux autres de le faire mais à nous. J’espère que la diaspora continuera à nous soutenir, soutenir nos productions afin de changer l’image négative que le monde a de notre pays », souhaite fermement celui qui a étudié le cinéma à Miami International University. Propos retranscrits par Saonha Lyrvole Jean Baptiste

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