Sarah Jane Rameau dévoilera « Lost Breed »

UNE Ce 18 mars, à compter de 7h p.m, Sarah Jane Rameau dévoilera à l’hôtel Royal Oasis « Lost Breed », son album qui sort cinq ans après son EP « Introducing…SJ ». Le groupe Akoustik fera office d’invité à cette soirée. Le public pourra aussi découvrir les œuvres de Steven Baboun et d’Herjo Fuertes, deux photographes qui ont travaillé à la demande de la chanteuse sur le thème« génération perdue ». Les prestations de l’artiste seront accompagnées d'un show visuel et de chorégraphies.

Publié le 2017-03-15 | Le Nouvelliste

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Rarissimes de nos jours les chanteuses comme Sarah Jane Rameau qui refusent les sentiers battus, qui par-dessus le marché font passer dans leur art, leur état d’âme, sans sombrer dans le pathos ! Grâce à un « Power Point » qui reprend à son compte le contenu d’un élégant « dossier de presse » tendu aux journalistes ce 15 mars dans une salle de la Chambre franco-haïtienne de commerce et d'indutrie elle nous a fait voyager dans le temps, partager aussi ses multiples pérégrinations. Son récit commence dans un Port-au-Prince des années de tumulte (2004-2005). L’élève, à l’époque, de l’Institution du Sacré-Cœur vit presque barricadée à cause du tristement célèbre mouvement baptisé "Operasyon Bagdad". Elle en avait marre, comme tout le monde, des couvre-feux. Durant cette sorte de réclusion forcée par les circonstances, son père écoute en boucle les ténors du konpa « old fashion ». La jeune femme, elle, découvre, grâce à la télé Sade, Gloria Estefàn, Madonna, Janet Jackson. La manière de ces grandes dames de la chanson de dominer des amphithéâtres les uns plus grands que les autres donne à rêver à l’adolescente qui se découvre dès lors une fibre artistique. Après le bacc obtenu à 16 ans, elle part étudier à Montréal. D’abord les « arts visuels » puis l’architecture. Elle travaille quelques années dans la métropole québécoise avant de partir pour Bordeaux en vue d'un Master en architecture. Partout où elle passe, Sarah Jane écume tout ce qu’elle trouve comme scène pour mettre à profit son talent de chanteuse. Plutôt sincère dans ses propos, elle admet que depuis son enfance elle était comme coupée de la réalité haïtienne. « La musique étant un vecteur permettant de s’évader, il est clair que ces chansons américaines dont j’étais si friande m’ont éloignée de ma culture. En plus, j’ai passé 10 ans hors de chez moi », souligne-t-elle. Depuis 2015, année de son retour à Port-au-Prince, elle tente au maximum de se réapproprier son « haïtianité ». « Lost Breed » se présente donc comme un support physique de cette quête. L’album, qui comprend douze musiques, se veut, selon elle, une sorte de manifeste pour tous ceux qui se surprennent étrangers à eux-mêmes. « Ce n’est pas juste moi, dit-elle, c’est aussi d’autres jeunes qui vivent ailleurs. Ce sont ceux qui vivent ici aussi mais à qui on n’a pas transmis les valeurs, les référents qui font d’eux des gens de chez eux ». D’où le titre Lost Breed (jenerasyon pèdi). L’anglais est prédominant dans ce présent travail, autant que sur l’EP baptisé « Introducing…SJ » lancé en 2012, parce que c’est la langue de ses artistes préférés. Il y a des titres en créole également. Ça part avec un intro qui s’intitule « Envol ». Des bruits d’avions, l’ambiance d’un aéroport se combinent dans cette musique pour signifier son retour au pays il y a deux ans. Les chansons sont agencées sur le CD à la manière des chapitres d’un livre. Le numéro 4 baptisé « Lakou » est une fusion de jazz et de racine. "Hotel room" qui est vidéoclippé, fera bien sûr danser. On la voit se déambuler dans une robe blanche qu’on retrouve également dans le visuel accompagnant le livret du CD. C’est une robe vieille de 39 ans qui a été cousue par sa mère pour une de ses tantes. Elle a été conservée en dépit des longues années. « Une robe qui, dit-elle, comme celle des affranchis, témoigne de ma libération des codes qu’on nous impose ». Prière Quotidienne dénonce cette pratique malsaine mais courante chez nous qui consiste à dénigrer les autres avec de la médisance. Le titre éponyme est un dialogue avec son père. L’objectif de Sarah Jane est d’influencer en bien, tant grâce à sa musique que grâce à l’architecture. Parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle travaille au sein de sa firme d’architecture baptisée « La fabrique » qu’elle a montée avec Hugo Devillers, son mari. Le konpa, elle pourra bien en faire même si, jusque-là, elle se revendique de la « Nu Pop jazz ». « Ma base, confie-t-elle, c’est le jazz mais si à la longue je réalise que c’est avec d’autres rythmes que je pourrai conscientiser les gens, pourquoi ne pas tenter autres choses ? ». Depuis qu’elle est revenue au pays, elle s'est fait une place dans la sphère musicale. Elle a fait partie du listing du festival de jazz de Port-au-Prince en 2016. Elle a partagé la scène avec des artistes et groupes en vogue, dont Akoustik, qui fera office d’invité à son show à l’hôtel Royal Oasis samedi. A propos, son rendez-vous ce week-end ne sera pas juste une vente-signature d’album. Ce sera l’occasion de découvrir une exposition de photos de Steven Baboun et d’Herjo Fuertes. Ces deux photographes ont travaillé à sa demande sur le thème « génération perdue ». Ses prestations de chanteuse seront accompagnées par des musiciens, dont Johnbern Thomas, Josué Alexis…et d’un show visuel. « Suivez ma page Instagram, Facebook, mon site Internet. Préparez-vous à vous immerger samedi dans l’univers « Lost Breed », lance l’artiste à l’attention de tous ceux qui viendront la voir samedi.

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