Nadia Faubert, une belle voix en attente du succès

Nadia Faubert, un nom à retenir pour les décennies à venir. Et pour cause, la belle qui partage avec Jean Jean Roosvelt « J’attends » , son tout premier single aux accents RnB, est dotée d’une capacité vocale peu commune dans la génération actuelle. Rayonner tant au pays que sous d'autres cieux, remettre au goût du jour les belles voix style années 90, proposer des textes qui influencent positivement sur un tempo entraînant... tels sont les engagements de l’artiste qui ne voit pas d’antinomie entre foi religieuse et carrière artistique.

Publié le 2017-03-14 | Le Nouvelliste

Ticket Mag -

Très peu de femmes de la génération de Nadia Faubert Paulin (Nadia Faubert pour la scène) ont le mérite de dépasser en live ce qu’elles livrent en studio. Un bref a capella de sa part, d’un titre à succès de Leila Chicot, a suffi pour nous convaincre de cette impression que la jeune dame nous laisse. En notre présence, l’artiste, qui ne veut pas révéler son âge, égratigne également « J’attends », son tout premier single partagé avec Jean Jean Roosvelt, qu'elle présente comme un ami de longue date. Encore une fois, elle réussit à nous étonner. La voix est plus belle que dans le clip qui est disponible sur Youtube. La chanson, en menu, parle du temps qui passe. Aussi de la raison qui vient avec l’âge et qui suppose le choix du bon chemin aux dépens des multiples tentations que la vie nous propose. Elle est livrée sur un beat RnB. Elle porte la maqrue de son collaborateur qui est sorti lauréat de la dernière édition de Toyp (Ten Outstanding Young Persons). Dans le clip, on voit s’alterner du farniente de bons vivants au bord de la piscine, Nadia livrant le flow, parfois aux côtés de Jean Jean, avec de longues tresses rappelant celles de Janet Jackson dans le film « Poetic justice »…Une vidéo qu’on qualifierait d’ « urban chic ». « Tout au long de ma carrière, dit-elle, que je souhaite longue, je compte proposer des textes truffés de conseils, d’émotion sur un beat qui procure du bonheur, à tout le moins festif. » Un engagement a priori improbable pour une fille qui a débuté à l’église. Dans un flash-back sur son enfance, la seule fille d’une famille de cinq enfants raconte que son père, Osman Faubert Paulin, leur apprenait sur la galerie de la maison l’ensemble des textes du recueil « Chants d’espérance ». Ce maestro de chorale de la Première église baptiste de la rue de la Réunion les connaissait par cœur. La chanson a donc été toujours un réflexe pour sa fille. Nadia prendra son destin de chanteuse en main après la philo tandis que son père décède. Elle intègre d’abord un groupe évangélique qui explore le compas comme rythme. Un jour, un « jour béni », dirait-on dans son cas, tandis qu’en studio, enregistrant un titre pour le groupe, sa voix attire l’attention de Ricky Juste, l’un des rois de la publicité en Haïti. Les deux nouvelles connaissances échangent leurs coordonnées. D’où l’ouverture dans le C.V de la voix féminine de « J’attends » d’une longue parenthèse dans la publicité. Sodipal, Lesly Center, Rébo… Elle devient entre-temps la choriste de Djakout # 1 puis de K-dans. Mais toujours elle guette le bon moment pour se lancer en solo. En décembre 2016, elle figure aux côtés de Miu, de Misty Jean... dans le projet de Ralph Leroy d’adapter « Hallelujah » de Léonard Cohen. Côté scène, l’artiste a sillonné des festivals dont celui d’Aquin, Festi-Amélie à Jérémie. Ses performances dans des fêtes privées sont nombreuses également. Puisqu'elle ne vit pas encore de son art, elle travaille en tant qu'assistante administrative au Parlement. Un travail qu'elle alterne avec ses études en diplomatie. Elle a effectué, plus jeune des études en relations publiques et marketing . Ses modèles sont Alicia Keys, Cece Winans, Leila Chicot. Chez nous, il y a Yole Dérose, Emeline Michel…Elle ambitionne comme beaucoup de ses contemporaines de rayonner chez nous et au de-là du cadre haïtien, et surtout de remettre au goût du jour les chanteuses à « belle voix »comme les Américaines des années 90. Depuis deux ans, Nadia prépare avec son frère Saoul Faubert un album d’une dizaine de musiques, dont « J’attends », présentée au public à El Rancho le 21 janvier. L’opus est promis pour 2017 sans qu’elle ne précise de date. Le prochain grand rendez-vous de la chanteuse avec le public est le Festival Konpa de Miami auquel elle est invitée. Et là, nos compatriotes de la diaspora pourront vérifier par eux-mêmes la capacité de Nadia à leur procurer du bonheur grâce à ses performances.

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