Le mauvais signal lancé par les résidents de l’Arcahaie

Publié le 2017-03-08 | Le Nouvelliste

Editorial -

Les événements survenus sur la Nationale numéro 1 à hauteur de l’Arcahaie depuis le vendredi 3 mars viennent de mettre Haïti, une nouvelle fois, sur la sellette en matière d’instabilité. Quand les routes nationales ne sont pas bloquées en raison de contestations électorales, elles le sont pour tous autres conflits survenus entre des résidents des agglomérations limitrophes. Des touristes qui se trouvaient dans les hôtels sur la Côte-des-Arcadins ne peuvent pas imaginer que les véhicules qui doivent les conduire dans la capitale sont bloqués en raison de protestation des riverains de la zone pour une question de délimitation. En septembre de l’année dernière, des Costaricains qui étaient venus assister à la rencontre de football Haïti-Costa Rica étaient bloqués à l’hôtel Decameron en raison d’un différend qui opposait le maire de l’Arcahaie à celui de Cabaret. Ces actions, pour le moins bizarres, contribuent à salir davantage l’image de notre pays au niveau de la presse internationale. Depuis la décision prise par l’ex-président Michel Martelly de créer par décret la commune des Arcadins, en juin 2015, cette agglomération devient un endroit propice à toutes formes de contestations qui doivent conduire au blocage de cette route nationale. Selon toute vraisemblance, il n’y a aucune initiative prise par les autorités actuelles dans le cadre de ce décret. Alors pourquoi cette levée de boucliers des résidents de l’Arcahaie ? S’ils demandent que ce décret soit rapporté, ne devront-ils pas attendre que suite soit donnée à leur réclamation dans la concertation avec les différents acteurs ? Quand cette route est bloquée, les activités de quatre autres départements subissent les conséquences. Ce mauvais signal lancé par les résidents de l’Arcahaie doit être traité avec diligence par les nouvelles autorités du pays. Si le pays est ouvert aux investissements étrangers, ces pratiques barbares doivent cesser. La Côte- des-Arcadins devrait être l’une des agglomérations les plus propices en matière d’implantation d’infrastructures d’hôtellerie. Après l’exploitation du site Decameron par des investisseurs étrangers, s’il n’y avait pas depuis 2015 ces incidents malheureux, d’autres groupes devraient déjà manifester leur engouement à s’implanter dans cette zone. Avec les technologies de l’information et de la communication, on ignore le nombre d’internautes qui sont déjà informés de cette situation survenue dans cette zone depuis vendredi dernier. Le nouveau pouvoir doit non seulement trouver une solution à ce décret avec célérité, mais aussi se préparer à soumettre au Parlement une législation qui devra règlementer la circulation sur les routes nationales. Une campagne de communication et de sensibilisation de la population doit être élaborée dans ce domaine. Devant quelle instance, les propriétaires des véhicules et de marchandises vont porter plainte pour ces dommages causés pendant ces six jours ? Lemoine Bonneau Lbonneau@lenouvelliste.com

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