Il nous faut plus qu’un Premier ministre rassembleur

Publié le 2017-03-07 | Le Nouvelliste

Editorial -

Un Premier ministre rassembleur. C’est la condition sine qua non des parlementaires pour accorder leur vote à un Premier ministre. On doit attendre le vote de la politique générale du Premier ministre Jacques Guy Lafontant au Parlement pour savoir s’il satisfait à ce critère dont on ignore le sens qu’il a pour les parlementaires. Dans notre démocratie, accéder au poste de Premier ministre n’a jamais été une chose simple. Éric Pierre, feu Hervé Denis, Daniel Rouzier, Bob Manuel, Bernard Gousse et Fritz Jean peuvent en témoigner pour n’avoir pas réussi à passer l’étape du Parlement. D’autres comme Jacques Édouard Alexis, Michèle D. Pierre-Louis, Garry Conille ont passé le cap, mais à quel prix ? À quels critères répondaient-ils auxquels les autres ne répondaient ? Évans Paul, vieux routier de la politique haïtienne, a su contourner le Parlement. Quel sera le sort de Lafontant, illustre inconnu de la scène politique, éclipsé par les carnavals nationaux et la mort de René Préval ? Tout dépendra de sa capacité à se mettre dans la peau d’un rassembleur comme le veulent les parlementaires. Si les parlementaires veulent un Premier ministre pour les rassembler autour du gâteau, la population haïtienne attend autre chose. Dans l’état actuel des choses, il nous faut plus qu’un Premier ministre rassembleur. On a besoin d’un chef de gouvernement qui va engager la lutte contre la corruption. Nous sommes cantonnés sur la liste des pays les plus corrompus de la planète alors que nos autorités inscrivent toujours la lutte contre la corruption dans leur agenda. La réforme de l’Administration publique demeure une nécessité. Servir les contribuables reste un vœu pieux dans la majorité des institutions publiques. Encore en 2017, il faut avoir un parrain ou dépenser les yeux de la tête pour se procurer une pièce d’identité. Comme d’autres avant lui, le président Jovenel Moïse promet de résoudre le problème. Attendons voir. Le bon fonctionnement des hôpitaux publics est une exception à la règle. Il devient urgent de trouver un nouveau modèle de financement des soins de santé dans le pays. Ce pays qui attend que le prochain Premier ministre et son équipe garantissent le bon fonctionnement des hôpitaux publics dans l’intérêt des plus démunis. Le mauvais fonctionnement des écoles publiques, pour ne pas dire la réforme du système éducatif, l’impunité et ses corollaires, l’insalubrité des rues, l’insécurité alimentaire, le chômage qui pousse les jeunes vers d’autres cieux sont quelques-uns des problèmes auxquels le prochain gouvernement doit s’attaquer. Pour s’attaquer à ces problèmes, le prochain chef du gouvernement ne doit pas simplement être un rassembleur, comme l'exigent les parlementaires, il devrait être le capitaine d’une équipe n’ayant qu’un seul objectif : sortir Haïti de l’impasse. Est-ce la préoccupation première de nos dirigeants ?

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