Quand Wilner Étienne se met dans la peau d’un défenseur du sport

L’année 2017 s’annonce grandiose pour la direction technique nationale (DTN) de la Fédération haïtienne de football (FHF). Si l’on se fie aux propos du DTN, Wilner Etienne, tout un chronogramme d’activités, axé essentiellement sur la formation des entraîneurs, est bel et bien établi. Par ailleurs, le DTN, qui plaide pour qu’il y ait tout simplement un ministère des Sports, s’est prononcé sur le profil du nouveau ministre des sports avant de placer un petit mot sur le dossier de Patrice Neveu. Lisez son interview exclusive !

Publié le 2017-02-16 | Le Nouvelliste

Sport -

Le Nouvelliste : Nous sommes au deuxième mois de l’année 2017. Et que fait, entre temps, la direction technique nationale de la Fédération haïtienne de football (FHF) ? Wilner Étienne : Nous avons déjà démarré avec l'année 2017. Ainsi, un cours, destiné aux entraîneurs de gardiens de but, a eu lieu du 24 au 28 janvier. Au fait, 35 participants, venus des clubs de D1, de D2 et de quelques écoles de football, ont pris part à ce cours. Sous cette même rubrique, nous travaillons sur un cursus propre à ce secteur qui n’est autre que l'entraînement des gardiens de but. LN : Qu’en est-il des perspectives de la DTN ? WE : Un chronogramme d'activités est bel et bien élaboré par la direction technique nationale pour l’année 2017. En effet, si tout se passe bien, on projette de rencontrer respectivement les responsables des écoles et des académies de football, les entraîneurs de clubs masculins et féminins. On est en train de répertorier toutes les écoles et les académies évoluant dans le système. Avant le coup d’envoi de la nouvelle saison, on va s’asseoir avec les entraîneurs de clubs de D1, D2 et D3. On mettra l’accent également sur la formation à tous les niveaux en augmentant le nombre de cours sans oublier le dossier licence de fonctionnement et cotisation des entraîneurs. Comment oublier les compétitions de jeunes (régionales et nationales). Dix cours de football de base (grassroots) dans tout le pays (cours déconcentrés). Cinq cours d’entraîneurs postformation D3 et football jeunes. Un cours de haut niveau avec la FIFA. Un cours d’instructeurs entraîneurs (2e édition avec Michel Ritschard). Deux cours de préparateurs physiques (FIFA/Concacaf). Un cours intermédiaire de football féminin avec la FIFA. Un cours de licence D avec la Concacaf et un cours de Futsal avec la Concacaf et un festival de grassroots dans les grandes régions du pays sont, entre autres, inscrits dans notre chronogramme d’activités. LN : Bientôt, on va avoir un nouveau gouvernement. Selon vous, quel devrait être le profil du nouveau chef du ministère de la Jeunesse, aux Sports et à l’Action civique ? WE : Le profil d'un bon ministre des Sports doit être axé sur la compétence sportive, le sens d'un gestionnaire très poussé, un connaisseur du milieu, une personne intègre, et qui politiquement peut faire valoir l'importance du sport dans le pays et dans le budget national. LE : Certains observateurs pensent qu’il faut enlever les rubriques Jeunesse et Action civique pour qu’on ait tout simplement un ministère des Sports. Partagez-vous cet avis ? WE : Effectivement, c'est une nécessité pour le pays de séparer le ministère des Sports de la Jeunesse et Action civique qui sont transversales. La part exprimée dans le budget national pour le sport avec 0,6 % démontre clairement que le sport n'a pas de valeur aux yeux des dirigeants étatiques et du secteur privé dans la vie nationale. Le sport est un vecteur important pouvant aider à redresser la barre dans les domaines de l'éducation, de la santé, de la culture, et dans d'autres secteurs dans lesquels des ressources sont gaspillées et mal orientées. Oui, nous avons besoin d'un ministère des Sports seul avec un budget soutenu. Nous gaspillons beaucoup d'énergie à résoudre d'autres problèmes de société, qui pourtant trouveraient avec le sport des solutions rapides. Les décisions sportives sont des décisions politiques. En ce sens, nous avons besoin au plus haut niveau de gens capables d'influencer ces décisions. Il n’est pas possible pour nous autres sportifs du pays de laisser prendre à notre place la destinée du secteur. Souvent le sport, dans les décisions politiques, occupe une place très en arrière. Beaucoup de pays ont déjà compris la réalité d'élever le sport à sa place réelle dans leur développement. En Chine, par exemple, le sport est obligatoire et devient une matière à part entière. En 1938, le sport à l'école en Haïti était obligatoire. En 1929, nous avions déjà une école normale d'éducation physique dans le pays. C'est pour vous dire comment on fait du recul. Une société, sans un bon plan national de sport, est condamnée à chuter. Toutes les valeurs qui peuvent aider à redresser le niveau et le sens d'homme des citoyens sont dans le sport. Le combat s’annonce long. On doit forcer les dirigeants à avoir une autre considération dans le plan national élaboré. Le Nouvelliste : Patrice Neveu a, contre toute attente, abandonné le navire des Grenadiers. Est-ce que la DTN a, dans la foulée, un œil sur l’équipe nationale, et quel est le sort du technicien français ? Wilner Étienne : La page de Patrice Neveu est bel et bien tournée. Maintenant, coach Josaphat assure l'intérim, et jusqu'ici ça marche bien. Les Grenadiers attendent les deux matches de barrage, les 24 et 28 mars, en vue de trouver leur qualification. En général, la DTN est toujours impliquée dans toutes les activités techniques. La DTN au niveau de la sélection senior développe une relation horizontale et verticale au niveau des sélections de jeunes.

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