Appel à l’aide pour J-Vens

Le ministère de la Santé publique, le ministère de la Culture, les innombrables et budgétivores comités du carnaval 2017 ont l’occasion de faire une bonne action en prenant en main le cas de J-vens, jeune chanteur cloué sur un lit d’hôpital depuis six mois. Plongé dans le coma, victime d’un accident de la route, il n’a toujours pas reçu la visite d’un neurologue. Cet article est un appel à l’aide de plus, un appel à la solidarité…

Publié le 2017-02-15 | Le Nouvelliste

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J-Vens, le chanteur du hit Ti mamoun est toujours dans un état critique après son terrible accident survenu en septembre 2016. Le jeune artiste avait été heurté par un chauffeur qui avait pris la fuite sans lui prêter assistance. Depuis J-Vens est dans le coma, entre la vie et la mort. Alité à l’hôpital St-Luc de Tabarre depuis plus d’un mois, l’état de J-Vens n’a pas progressé. A la section de médecine interne où il séjourne, le staff médical ne peut pas faire grand-chose pour lui. On le maintient en vie. Il vivote. Le cas ne relève plus de leurs compétences. Les médecins de cet hôpital réputé de la congrégation des petits frères et sœurs attendent un neurochirurgien pour s’occuper du trauma crânien de l’artiste. Son séjour de deux semaines s’est prolongé. Cela fait cinq semaines que sa femme à son chevet espère un miracle. En vain. Immobilisé sur un lit minuscule placé derrière un rideau à l’entrée de la salle d’urgence de l’hôpital St-Luc, qu’il partage avec trois autres patients, J-Vens brûle d’une fièvre ardente. Sur son front, une petite serviette bleue trempée dans de l’eau fraîche. A son bras, un tube par lequel il reçoit sans arrêt du sérum. Par ses narines un autre tube transite jusqu’à son appareil digestif. C’est par cet appareillage que J-Vens est nourri. Au-devant de son lit un ventilateur peine à améliorer la température trop élevée de la petite salle. Son regard inexpressif, sa respiration aussi bruyante que le moteur d’une voiture, et ses légères convulsions répétées touchent la sensibilité de chaque visiteur. Aucune personne humaine ne peut rester insensible devant ce tableau. A voir J-vens, on ne sait pas si on assiste à une agonie ou à un combat pour s’accrocher à la vie. C’est poignant. Vénuse, sa femme, est à son chevet. Elle semble forte malgré les jours sombres qui ne s’achèvent pas. Elle prend soin de J-Vens et ne désespère pas. Elle espère et croit fermement en la possibilité d’une amélioration de l’état de santé de son bien-aimé. Si le courage a un visage, c’est celui de Vénuse. A côté du lit, on peut voir une petite table sur laquelle sont étalés les couches du malade, ses boîtes de protéines et les paquets de médicaments. Aussi inconscient qu’au début de l’accident, il reçoit toujours ses médicaments dilués via le tube relié à son estomac. Il est cinq heures de l’après-midi. Et, ce mercredi 15 février marque la cinquième semaine de J-Vens à l’hôpital St-Luc de Tabarre. Il reçoit des soins uniquement pour les lésions causées par son immobilité depuis l’accident afin d’éviter une infection généralisée qui aggraverait son état. Aux dires de la responsable de la section médicale, l’artiste souffre d’un trauma crânien probablement de grade 3. Son trauma principal est au niveau du cerveau, donc en médecine interne, ils ne peuvent rien pour le chanteur qui s’avère être un cas neurochirurgical. J-Vens est plus ou moins stable toutefois, son état ne va en aucun cas s’améliorer », explique l’un des médecins de garde qui a suivi J-Vens depuis son arrivée le 11 janvier dernier sans l’intervention de spécialistes. Tous les centres hospitaliers de la ville ont refusé de recevoir J-vens, vu la gravité de son état. A St Luc, ils ont accepté de l’héberger pour une quinzaine de jours jusqu’au retour de l’équipe chirurgicale qui devait prendre en charge son cas. Mais l’intervention chirurgicale n’a toujours pas eu lieu. Ce malade, selon l’un des médecins du service doit voir dans le plus bref délai un neurochirurgien, car seul un spécialiste pourrait faire un diagnostic clair et définitif de son état et éclairer sa famille sur ce à quoi ils doivent s’attendre. Selon le scanner d’hier du patient, un caillot de sang obstrue ses lobes cérébraux. La situation est délicate. En Haïti, les spécialistes en neurochirurgie ne sont pas nombreux. Jusqu’à présent, l’artiste, après six mois de calamités, n’a encore eu la chance de croiser le chemin d’aucun d’entre eux. Clouée au pied de son lit, sa femme Vénuse est la seule à s’occuper de J-vens. Cette situation porte dès fois atteinte à la santé du malade. Car, il ne reçoit pas ses médicaments à temps quand Vénuse doit se déplacer pour faire des courses. Cependant, les moyens pour l’achat des articles et des médicaments nécessaire ne manquent pas. Les dettes de la famille sont épongées jusqu’au dernier centime, grâce au support de Laplanta, de Shassy et d’innombrables amis. Le père de J-Vens passe de temps à autre pour s’assurer qu’il ne manque de rien. « Jusqu’à son dernier souffle, je serai là pour J-Vens», confie la femme du chanteur, qui passe ses jours et ses nuits sur une petite chaise métallique au pied du lit de J-Vens.

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