Commémoration 12 janvier 2010/ Personnes handicapées

Healing Hands for Haiti en panne de ressources

Publié le 2017-01-11 | Le Nouvelliste

Economie -

À la veille de la commémoration de la date du 12 janvier 2010, l’organisation Healing Hands for Haiti (HHH) a appelé tout un chacun, lors d’une conférence de presse, tenue dans ses locaux, à ne pas oublier les victimes du séisme, surtout celles vivant aujourd’hui encore avec une déficience physique. La HHH lance cet appel à un moment où elle fait face à des difficultés énormes pour offrir des services de rééducation et de réadaptation aux personnes handicapées à cause d’un manque criant de ressources. Passé le temps de solidarité exprimée envers Haïti au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010, les organisations locales qui s’occupent des personnes handicapées se trouvent quasiment dans l’impossibilité de remplir leur mission. La Healing Hands for Haiti n’échappe pas à cette situation. L’organisation est à bout de ressources. « L’aide internationale diminue. Il n’y a que la Croix-Rouge internationale qui nous supporte maintenant. Cependant, elle annonce que son aide arrivera à terme l’année prochaine », a indiqué Philippe Armand, président de la HHH, lançant un appel au secteur privé et public du pays pour aider son organisation à pérenniser son centre de réadaptation et de rééducation. Au niveau de son centre à vocation communautaire, la HHH, en plus de prodiguer des soins de santé aux personnes handicapées, s’attèle aussi à la fabrication des prothèses et orthèses. Ce centre procède également au recyclage du propylène, à partir des résidus, pour fabriquer des cannes et des béquilles. La HHH met son centre à la pointe de l’innovation avec un laboratoire utilisant la technologie 3D dans la fabrication de prothèses des membres supérieurs. Ce centre bénéficie de l'appui de quelques institutions privées de la place pour continuer à prodiguer des soins aux personnes ayant un handicap physique. À cause de ses limites au point de vue financier, la HHH ne facilite pas aux patients un accès gratuit aux services offerts par son centre. « Les patients paient les services selon leurs moyens financiers », a déclaré Philippe Armand, soulignant que certains patients sollicitent souvent de l’aide auprès de leurs proches ou d’autres personnes pour se procurer une prothèse ou une orthèse. Dans certains cas, dit-il, c’est l’organisation qui cherche de l’aide pour le patient. « Pour le Département prothèse et orthèse, il y a une évaluation pluridisciplinaire effectuée au préalable afin de déterminer si le patient va être orienté vers la physiothérapie ou l'ergothérapie, c’est après ce moment-là qu’on lui donne un devis », a expliqué Alise Baptiste Volel, physiothérapeute, chef du Département de réadaptation. Les responsables de la HHH ont mis l’accent sur le fait que les personnes handicapées dans la société sont les plus misérables parmi les plus pauvres. Pascal Caudio, un autre responsable, a fait savoir, pour sa part, que les prothèses, plus elles sont légères, plus elles sont coûteuses. Toutefois, il a souligné que les prothèses fabriquées dans le centre de HHH sont moins chères que celles fabriquées aux USA bien qu’elles soient les mêmes en termes de qualité. La HHH développe aussi des partenariats avec d’autres institutions étrangères afin d’échanger avec elles des expériences et des connaissances. Andreas Bastien et Eric Migneron étaient deux partenaires présents à la conférence de presse de ce mercredi.

Réagir à cet article